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4 te 180 MORCEAUX D EXÉGESE
le christianisme véritable, c’est-à-dire universel. Resterait à savoir si cet écrivain n'est pas autre que le rédacteur même du troisième Évangile. Ici, comme dans les cas précédents, il a respecté suffisamment ses sources et introduit assez maladroitement sa propre facon d’entendre les choses pour que l’on discerne encore sans trop de peine le sens primitif des deux morceaux quil a réunis. La conclusion dé la parabole, qui ne correspond pas à la question posée par le docteur juif, n'a dû être que très légèrement retouchée. Peut-être était-elle déjà formulée en interrogation : « Qui des trois vous semble le plus près du royaume de Dieu » ou « le plus digne de la vie éternelle ! ? »
La parabole du Samaritain s'offre ainsi comme un témoignage authentique entre tous de l’enseignement de Jésus. Il est clair que l’évangéliste ne l’a pas inventée, mais qu’il l’a trouvée toute faite et qu'il lui a donné seulement un cadre de sa facon. Prise en elle-même, elle défie toute interprétation allégorique. Le contraste du samaritain. avec le prêtre et le lévite ne trahit pas plus une origine judéochrétienne que la présence du samaritain n’accuse une origine paulinienne. Dans la conception primitive de l’histoire, le samaritain, le prêtre et le lévite ne représentent personne qu eux-mêmes ; le récit n’est pas destiné à relever les Samaritains ni à rabaisser le sacerdoce ; il ne tend qu'à faire valoir un principe purement évangélique, la valeur absolue de la charité. Pour montrer que la qualité des personnes n y fait rien, Jésus prend un homme appartenant à une race odieuse aux Juifs et méprisée par eux, et 1l l’'oppose à des personnes respectables par leur ministère, vouées qu’elles sont au culte divin. La mise en scène est donc parfaitement appropriée à la morale de l'histoire. Jésus parle des fonctionnaires du