Luc, xiv
ji À: À 3 ’ 192 MORCEAUX D EXÉGÈSE
la main de l’évangéliste. C’est lui qui parle aux chrétiens ; ce n’est pas Jésus qui s’est désigné ainsi lui-même dans un discours public. Il est vrai que le verset : « Ne vous faites pas appeler docteurs », etc., sert d’explication à la parole : « il n’y a pour vous qu’un maître », et doit être secondaire par rapport au contexte !. Mais ce contexte même est déjà secondaire par rapport au discours et il doit l'être aussi par rapport à l’enseignement de Jésus. Ce n’est pas pendant le ministère du Christ que ses disciples ont eu besoin d'être prémunis contre l’idée de s'appeler « rabbi » ou « père », comme les docteurs juifs; mais c’est dans l'Église naissante que le danger des maîtrises diverses s’est manifesté. Comme on peut soupconner dans la glose judaïsante du discours sur la montagne une allusion à Paul, qui détruit en partie la Loi, on pourrait en trouver une autre ici, l'Apôtre n'ayant pas craint de se poser en docteur et de se dire même le père de ceux qu'il avait amenés à la foi du Christ ?. La recommandation, sans objet dans la bouche du Sauveur, deviendrait ainsi très significative. On peut conjecturer que le rédacteur judaïsant n’a signalé chez les pharisiens l'affectation du nom de rabbit que pour amener la leçon qu'il veut donner à certains docteurs chrétiens. Dans la communauté des croyants, l’on n’a pas d’autre docteur que le Christ ni d'autre père * que Dieu. Celui qui y est le premier doit se considérer comme le serviteur de tous : pensée que le rédacteur emprunte à une instruction
1. Darmaw, [, 278. Ce qui dispense de chercher pour xalnynt:, v. 10, un autre équivalent que pour SÔasxahos, v. 8; les deux corres-
pondent à rabbr. Sur ce titre, cf. Scnürer, I[, 315-317. Étymologique-
ment : 29, « grand », avec le pronom personnel, formation analogue à « monsieur » {Hozrzmanx, 279).
2 CPE COR: IN, 19:
3. Abba, titre qui précède les noms de nombreux rabbins dans la Mishna,
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LES PHARISIENS 193 donnée réellement par Jésus aux disciples ! et qu'il complète par la parole également authentique sur l’humble qui sera élevé et l’orgueilleux qui sera abaissé ?, entendue par rapport au jugement de Dieu. L’on veut donc insinuer que celui qui s’arroge les titres de « maître » et de « père » sera « le plus petit dans le royaume des cieux », comme celui qui instruit les fidèles à n’observer pas la Loi à.
Marra. xx. 13. Mais malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous fermez le royaume des cieux devant les hommes! Car vous n’y entrez pas,
Luc, x1, 52. Malheur à vous, docteurs, parce que vous avez pris la clef de la science! Vous-mêmes n'êtes pas entrés, et vous avez empêché les autres d'entrer. »
et vous ne laissez pas entrer ceux qui le voudraient. »
Sans autre transition # vient en Matthieu la série des menaces, qui sont, dans la forme, imitées des anciens prophètes ÿ. Mais Jésus lui-même a pu vouloir cette imitation. Le nombre des menaces, au contraire, doit avoir été cherché par le rédacteur. Il y en a sept dans Matthieu. Luc a dù en trouver sept dans la source, en disposer une en exorde f et partager les six autres entre les pharisiens et les scribes. Comme deux menaces de Luc sont tournées en simple avertissement dans Matthieu, on est fondé à se demander si la rédaction de celui-ci ne contient pas deux menaces qui auraient été ajoutées pour maintenir le nombre septenaire, nonobstant la modification introduite
1. Reprise de Marru. xx, 26-27, mais en forme qui se rapproche de Eve,:xxir, 27:
2, Luc, x1v,11; xvin, 14. Il est possible que Matthieu ait trouvé cette parole annexée à la parabole du Pharisien, ce qui l'aurait aidé à en faire ici l’application.
Marru. v, 19, supr. cit. p. 189, n. 4.
où DÈ OUIV, XTÀ.
ISvx, 1, 5: Has. (cf. Ar. vi, 135 1x, 12; xx, 14). x1, 39-41 (Marru. 25-26).
PER Le
dans le commencement du discours. On verra que les deux menaces ! qui ne sont pas représentées dans le troi-
sième Évangile pourraient fort bien n'être pas primitives.
La première apostrophe de Matthieu ne s'attache pas naturellement à ce qui précède, attendu que le discours ne s'adresse plus aux mêmes personnes, et que le reproche d'empêcher les autres d'entrer dans le royaume suppose un faux enseignement, ce qui contredit le conseil de faire ce que disént les pharisiens *. C'est le reproche seul qui est naturel dans la bouche de Jésus. Il pouvait venir après ceux qui ont pour objet les exigences hypocrites et l’orgueil des scribes $. Au lieu d'être vraiment les guides religieux du peuple, comme ils voudraient en prendre le rôle, les pharisiens lui ferment l'entrée du royaume des cieux; non seulement ils ne l’engagent pas à se repentir pour se préparer au grand avènement, mais ils donnent eux-mêmes l'exemple de l’incrédulité, faisant tout ce qu’ils peuvent pour entraver la prédication de Jésus, après avoir été indifférents à celle de Jean-Baptiste. Le royaume céleste est donc comparé à un palais dont les docteurs juifs auraient la clef #, en tant qu'interprètes officiels des Écritures. Ils ne se servent de cette clef ÿ ni pour entrer eux-mêmes. ni pour faire entrer les autres, écartant ainsi du royaume ceux qu'ils y devraiént conduire.
Cette malédiction est dans Luc la dernière de celles qui sont adressées aux docteurs de la Loi. Peut-être l'évangéliste a-t-il trouvé que la formule : « Vous fermez le royaume », attribuait trop de pouvoir aux scribes ou ne
Marta. 15-22.
LERGE
Marta. 5b-7a.
CE. Marru. xvi, 19 (xvin, 18).
« \ xhelere ty Bacihelay Tr. à