Lév. xxvir, 30; Nomer. xvut, 12; Deur. xn, 6; xiv
la première de celles que Luce fait adresser aux pharisiens. : Le rédacteur du troisième Évangile a remplacé l’aneth par : la rue, et le cumin par les légumes en général. A la justice. à la miséricorde et à la bonne foi se substitue l'amour de Dieu, en sorte que Jésus rappelle les deux grands préceptes de la Loi !. Ce peut être une correction voulue ; mais Matthieu pourrait bien aussi avoir imité le langage de l'Ancien Testament ?. Si Luc a trouvé dans sa source la comparaison du moucheron et du chameau, il a pu la négliger parce qu’elle ne satisfaisait pas son goût. La réflexion : « Il fallait faire ceci et ne pas négliger cela », manque dans le manuscritde Cambridge. Luc, assurément, était capable de l’omettre à cause de sa signification judaïsante. Mais cette signification même, si accentuée que la parole est invraisemblable dans la bouche de Jésus, peut donner à penser que la remarque n’est point primitive. Jésus s’est moqué des gens qui payaient la dîme de la menthe et qui filtraient les moucherons, il n’a pas dû les approuver. Le texte ordinaire de Luc pourrait donc avoir été complété très anciennement par celui de Matthieu.
Marra. xx, 25. « Malheur à vous, : Luc, x1, 39. « Vous autres. scribes et pharisiens hypocrites, pharisiens, vous nettoyez l’exparce que vous nettoyez l'extérieur térieur de la coupe et du plat, de la coupe et du plat, qui, à l’inté- mais votre intérieur est plein rieur, sont remplis par la rapine et de rapine et de méchanceté. Vavarice ! 26. Pharisien aveugle, 40. Insensés ! Celui qui a fait nettoie d’abord l'intérieur de la le dehors n'a-t-il pas fait aussi coupe et du plat, afin que l'extérieur le dedans ? 41. Donnez donc en soit net aussi. » aumônes ce que vous pouvez,
et ainsi tout sera pur. »
Les pharisiens veillaient scrupuleusement à la propreté des ustensiles qui leur servaient pour les repas, afin de les préserver et de se préserver eux-mêmes de l'impu-
lues x 07 2. Cf. Micu. vi, 8; Zacu. vu, 9; Ps. xxxnr, 5.
reté légale. Cependant leurs plats et leurs coupes se rem-
plissent en fait par la rapine et une insatiable avidité du bien d'autrui ‘. Que signifie la pureté du vase, si le con-
tenu est souillé par l'injustice ? Jésus ne se prononce pas
contre les observances légales, il ne condamne pas plus
les prescriptions mosaïques touchant les choses inpures.
qu’il n’a condamné la dime, mais il regarde toutes ces choses comme fort accessoires et même comme inutiles sans la justice intérieure et vraie. Il tourne en dérision les gens qui ont l'air de croire que le fruit de leurs injustices pourra être sanctifié par la propreté du vase où ils le mettent, tandis que l'illégitimité de l'acquisition rend superflue et contamine la pureté du vase.
Luc a pris cette malédiction pour en faire l’exorde du discours ?, parce qu'elle correspond a la mise en scène qu’il a lui-même esquissée. Il a montré, en effet, Jésus à table et son hôte étonné que le Sauveur ne se fût pas purifié auparavant. Jésus répond en traitant d’abord de
ce qui fait la véritable pureté des choses que l’on mange.
La menace devient un simple reproche et se trouve quelque peu détournée de sa signification première. Ce
n'est plus, comme dans Matthieu, l’intérieur des plats qui
est « rempli de rapine », c’est l'intérieur des pharisiens #.
1. Marrn. 25. xx0apitete td Étwbev roù rornglou xai Tic rapabidoc, Écwev ÔÈ yeuouoiv &E aomayhs xat axousiac. Axpasia équivaut à « incontinentia » (ef. [ Cor. vir, 5), appétit incoercible, mais dont l’objet iei est le bien du prochain. Au v. 26, NBCL, Ss. etc. répètent la mention du plat après celle de la coupe ; D et quelques autres témoins ne l'ont pas.
2. V. 39. vov bueic où (bœproator vd EEwbev To rornofou ai To n{vaxoc xabapitere. Le yüv (omis dans Ss. Sc.) est pour relever le commencement du discours, et l'on peut douter qu'il doive s'entendre rigoureusement au sens de « maintenant », par opposition à un passé meilleur (B. Waiss, Lk., 475). Le cas est tout différent de vi, 21, 25. « Maintenant » doit s’entendre plutôt subjectivement, par rapport à l'orateur abordant son sujet, avec l'intention de le traiter à fond (cf. Horrzmanx, 368).
3. To dè Écwbev budv yépet aprayhc xai rovnp{ac. Influence probable de Marc, vi, 17-23. [l est arbitraire de rattacher iuüy à ce qui suit, pour obtenir la même idée que dans Matthieu.