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‘La pensée s'ulfine, mais la suite du diécours est aussi plus embarrassée. L'évangéliste ayant parlé de l’intérieur des hommes, on ne voit pas bien si ce qu'il ajoute, touchant ce qui est dedans, se rapporte à la conscience des pharisiens ou au contenu des plats !. En se réglant sur le premier Evangile, on pourrait traduire : « Insensés ! celui qui a fait le dehors » du plat «n’a-t-il pas fait aussi ce qui est dedans ? Faites donc l’aumône de ce qui est dans » le plat, « et tout vous sera pur », soit que le « tout » signi= fie les vases avec leur contenu, soit qu'il s'agisse des vases et de la conscience des pharisiens. Si l'on tient compte de ce qui précède, on admettra plutôt que Luc a voulu dire : « Celui qui a fait le dehors », les choses extérieures, les aliments et les vases où on les met, € n'a-t-il pas fait le dedans », l’intérieur de l’homme, qu'il importe plus encore de purifier ? afin que « tout soit pur », choses extérieures et conscience, il faut « faire l’aumêône de ce qui est dans » le plat, ou mieux peut-ètre «de ce que l’on possède ? ». En toute hypothèse, le rédacteur paraît avoir voulu conseiller le dépouillement réel et complet des biens terrestres au profit des pauvres, après quoi toutes les règles extérieures de pureté légale n'ont aucune raison d’être. Interprétation conforme à l'esprit de Jésus, mais qui résout la question des observances plus expressément que n'a fait le Christ.
1. V.40. Ggcoves, oùy à mornaus ro Étwbey xal ro Éswev Emoinoev; mAnv TX évoyta dore ékesuooivnv, xat doù mivra xabaoa Dbuiv EcTiv.
2. Non « selon qu'on peut », car l’évangéliste ne doit pas faire de réserve. Vg. « quod superest », soit qu'on l’entende de ce qui reste dans le plat, ou de la seule chose qui reste à faire aux pharisiens, ne rend pas la pensée du texte. CD, trois mss. lat.; S. Cyprien lisent, v. 40 : « Celui qui a fait le dedans n’a-t-il pas fait aussi le dehors? » Rien à tirer de cette variante, à moins peut-être qu'elle ne signifie : « Celui qui a fait le dedans », l'intérieur de l'homme, sa vie, « n’a-t-il pas fait l’extérieur », les choses sensibles, les aliments, qui, étant l'œuvre de Dieu, ne peuvent être impurs ? Sur tout le passage, cf. B. Weiss, 476.
Marru. xx, 27. « Maleure vous, Luc, de 44, « Male, à” î
scribes et pharisiens hypocrites, vous, parce que vous êtes parce que vous ressemblez à des comme les tombeaux qu'on ne sépulcres blanchis, qui au dehors voit pas, et sur lesquels. les à paraissent beaux, mais quiau dedans gens passent sans le savoir f sont remplis d’ossements de morts et de toutes sortes d’immondices ! 28.
C'est ainsi que vous-mêmes au dehors semblez justes aux hommes, mais que vous êtes au dedans pleins d'hypocrisie et d'iniquité. »
‘Pour empêcher qu'on ne contractàt involontairement l'impureté qui résultait de l’attouchement des cadavres et des tombeaux, l’on avait soin, un mois avant la Pàque, de blanchir à la chaux les tombeaux qui se trouvaient aux environs de Jérusalem. Habitants et pèlerins étaient ainsi avertis d’en éviter le contact. Bien que le but de cette opération ne fût pas de rendre les tombeaux plus élégants, leur aspect ne laissait pas d'en être plus agréable et n'avait rien du moins qui choquât la vue. C’est pourquoi Jésus s'empare du contraste qui existe entre l'extérieur | de ces tombeaux, net et propre, et l’intérieur plein de pourriture !, afin d'en faire l'application aux pharisiens, qui ont de beaux dehors et point de vertu réelle au dedans, mais des passions cachées sous un voile hypocrite.
Dans Luc, la comparaison des sépulcres blanchis, qui est la troisième malédiction lancée contre les pharisiens, s’allège de tous les détails qui auraient eu besoin d’être expliqués aux chrétiens non instruits des coutumes juives. Les tombeaux de belle apparence, qui sont remplis de pourriture, font place à des tombeaux invisibles sur les-.
LV 297e rapouoidtere Fdpots XEXOVLMLÉVOLC, : OÙTLVEG LEcbey pv, palvovrær Éowbey dÈ Yépoucty ôotéwy xt. Dans D. £twbey 0 rdpoc paiverat bpaios, Ecwbey D yéue xTA. Ss. : « vous ressemblez à des sépulcres qui sont blanchis au dehors, et qui dedans sont remplis », etc.
quels on passe sans se douter qu'ils sont là !. Cette substitution enlève à la pensée primitive une grande partie ‘de sa vigueur et même de sa clarté. L’ hypocrisie des pharisiens ressort vivement de l'opposition qui apparaît entre la blancheur du sépulcre et l'infection de son contenu. On ne voit pas bien, dans le troisième Évangile, ce que Jésus leur reproche. Le rédacteur ne doit pas faire allusion à une impureté légale que l’on gagnerait involontairement en marchant sur un tombeau ; dans ce cas, le texte de Matthieu aurait été beaucoup plus intelligible pour des chrétiens de la gentilité ?. L'idée paraît être : de même qu’un tombeau invisible recèle la corruption sans que le passant en ait le soupcçon, les pharisiens, sous un extérieur inoffensif, cachent une perversité profonde, et leurs sentiments réels valent beaucoup moins que ceux qu'ils affectent °.
Marru. xx, 29. « Malheur à vous, Luc, x1, 47. « Malheur à
scribes et pharisiens hypocrites, vous, parce que vous bâtissez parce que vous bâtissezles sépulcres les tombeaux des prophètes, des prophètes et ornez les tombeaux que vos pères ont tués | 48. des justes, 30. et que vous dites : Donc vous (en) êtes témoins, « Si nous avions été dutemps denos et vous approuvez les œuvres pères, nous ne nous serions point de vos pères, puisqu ils les ont associés à eux pour le meurtre des tués, et que vous, vous bâtisprophètes », 31. si bien que vousté- sez. »
moignez vous-mêmes être les fils de ceux qui ont tué les prophètes ! 32.
À votre tour, comblez la mesure de vos pères. 33. Serpents, produits de vipères, comment échapperez-vous au châtiment de la géhenne ? »
On montre encore aujourd'hui, sur la pente occidentale du mont des Oliviers, des cavernes sépulcrales qui sont
1. V. 44. crè 6e Th uvnmeïa tx Gnha. D (mss. lat. Ss. Sc.) omet 66
La Hozrzmanx, 281, qui admet une allusion à Dee légale et
de ce sens comme primitif.
3, B. Weiss, 478.
appelées tombeaux des prophètes. D’autres monuments commémoratifs existaient en divers endroits du pays. L'on regardait comme œuvre pie de construire et d'orner? … ces monuments, de les entretenir, de les visiter. Mais la : dévotion à l'égard des prophêtes morts et des saints de l’ancien temps n'empêche pas l'incrédulité envers celui qu'ont annoncé les prophètes. Les pharisiens semblent vouloir réparer les violences dont ceux-ci ont été les victimes, mais ils sont bien les fils de ceux qu’ils avouent être leurs pères. Ils sont prêts à combler la mesure des crimes commis avant eux, en livrant à la mort le Christ lui-même. Aussi bien est-ce le châtiment de la géhenne qui les attend. Cette menace, avec l’apostrophe : « Serpents, races de vipères », s’est rencontrée déjà dans la prédication de Jean-Baptiste !. Comme elle interrompt la suite naturelle des idées, l’on peut y voir uné addition rédactionnelle et l’attribuer à l’évangéliste. La conclusion du discours était préparée dans la source par les mots : « À votre tour, comblez la mesure de vos pères ? », qui introduisent réellement et qui justifient la prophétie menaçante qu'on lit ensuite. Ainsi le meurtre des prophètes était rappelé en même temps que celui de Jésus était annoncé et que le châtiment des Juifs était prédit. C’est le même fond d'idées et la même combinaison que dans la parabole des Vignerons ?. R La septième malédiction est donc bien à sa place dans Matthieu. Luc, qui en fait l’avant-dernière menace aux