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BEELZEBOUL 27
ment de l’apostrophe où Jésus déclare aux pharisiens qu'ils sont incapables d’une bonne parole. La sentence générale : « car la bouche parle de l’abondance du cœur », sert à fortifier cette assertion ; mais primitivement c'était la conclusion de ce qui est dit sur le trésor du cœur, d’où sortent le bien et le mal.
Cet enseignement touchant les paroles se complète par une déclaration sur le compte que les hommes rendront à Dieu de leurs discours au Jour du jugement, soit que Matthieu l'ait trouvée telle dans la source, soit qu'il l'ait prise ailleurs ou tirée de son propre fond. Le défaut de parallèle dans Luc n'est pas un argument décisif en faveur de la dernière hypothèse, attendu que la sentence concernant la parole inutile à pu être omise comme embarrassante ou obscure. D’après la signification ordinaire du mot, les paroles « inutiles » ! seraient celles qui, n'étant justifiées par aucune raison morale, sont de nul fruit pour qui les dit et qui les entend : on en rendrait compte au tribunal de Dieu, parce que toute parole représente une pensée, un mouvement de l’âme. Cette idée paraît avoir été celle de l’évangéliste ; mais on peut douter que ce soit le sens primitif de la sentence et la pensée de Jésus. Déjà quelques anciens ont entendu « inutile » au sens de mauvais ?, et l’on a depuis longtemps soupconné derrière la formule grecque une locution sémitique où « parole vaine » équivalait à parole blasphématoire ou injurieuse *. Cette conjecture est très