Horrzmann
DCE Luc: xex, 22
TRS IAA TA
BEELZEBOUL 29
porains de Jésus comme d’un possédé qui, provisoirement débarrassé de son démon, retomberait bientôt dans un état pire, avec huit démons qui se fixeraient définitivement en lui. Poussant l’application de la parabole en allégorie, les commentateurs se sont demandé à quelle époque on peut dire que le peuple juif a été soustrait à l'influence diabolique, et les uns remontent jusqu'à Moïse, ou seulement aux prophètes, à la captivité ; d’autres s’arrêtent à la prédication de Jean et aux débuts de l’Évangile !. On a cherché aussi, fort inutilement, une signification aux autres détails du tableau. L’évangéliste s’en tenait à la comparaison, et c’est lui-même qui la fait, la proposition finale : « Ainsi en sera-t il de cette génération mauvaise ? », qui manque dans Luc, ayant été certainement ajoutée par Matthieu afin de rattacher ce morceau à la menace contenue dans les paroles concernant Jonas et la reine de Saba. Cette interprétation est défectueuse ; car, si l’on voit bien une correspondance quelconque entre l’irrémédiable incrédulité des Juifs, qui seront accablés, au jugement dernier, par le témoignage des Ninivites pénitents ou celui de la reine de Saba, et la situation de l’homme abandonné sans ressource aux démons qui le possèdent, le texte et l’histoire de l’exégèse montrent assez clairement que la guérison provisoire du possédé n'a aucun parallèle. Cette adaptation boiteuse a chance de ne pas représenter le sens primitif du discours.
Luc reproduit le fragment comme il l’a trouvé dans la source, mais il le donne avant la réponse aux demandeurs de signe. On peut croire qu'il n'a pas fait de transposition et que la source donnait ce récit de possession après la réponse de Jésus à ceux qui l’accusaient