‹ Morceaux d'exégèseChapitre 18 sur 138 · CARRE · texte numérisé non relu

CARRE

d’être lui-même possédé. Le rapprochement ne se fondait pas sur la coordination logique des deux morceaux, mais sur ce que, dans tous les deux, il était parlé de possession. Dans le troisième EÉvangile, ou tout au moins dans sa source immédiate, après la parole : « Qui n'est pas avec moi est contre moi », l'idée sous-entendue paraît être que quiconque ne s'attache pas entièrement à Jésus devient son ennemi et tombe dans la réprobation finale, nonobstant l'intérêt qu'il a pu prendre à sa parole et le fruit qu’il a pu en tirer provisoirement, tout comme un possédé qui, momentanément délivré, retombe au pouvoir de démons plus méchants que le premier. Cette idée semble ressortir aussi de la parole que Luc a voulu amener ensuité : « Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la mettent en pratique ». S'il avait voulu signifier que les exorcismes juifs ne produisaient pas de guérison durable, il aurait négligé de dire le principal de sa pensée *.

Mais la description de la rechute est à considérer en elle-même, indépendamment de toute combinaison rédactionnelle, et rien absolument ne justifie une interprétation métaphorique. L'idée morale de la rechute dans le péché n’y est pas plus représentée que les destinées d'Israël. Pas un seultrait ne signifie la domination du péché sur l’âme coupable, et il importe peu que la possession corporelle soit conçue, jusqu’à un certain point, comme la conséquence de la possession spirituelle. On ne voit pas bien quel rapport il y aurait entre la maison nettoyée et le tempérament moral d’un pécheur, non plus qu'entre l’expulsion du démon et l'impression produite sur les Juifs par Jean-Baptiste *. L'ensemble et les détails du récit ne

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