Jüucuer, Il
ee au AT
re
On conçoit que, de tout temps, les commentateurs se soient efforcés de trouver à ce récit un autre sens que celui qui résulte naturellement de la lettre. Cependant il ne s’agit que d'un possédé, non du peuple juif ou d'un homme pécheur ; ce possédé a été délivré de son démon; mais, comme le démon se trouvait mieux chez lui qu’au désert, il y est revenu en force; et le possédé, au lieu de l'être simplement, l’est à la huitième puissance. L'homme est entièrement passif dans cette affaire; le départ de son démon l'avait délivré, mais cela ne veut pas dire qu'il fût devenu juste et pieux; le retour de son démon l’accable, mais cela ne signifie pas qu'il ait souhaité ce retour ou qu'il l’ait préparé par ses péchés. Jésus ne dit rien de sa conduite morale ; il parle uniquement de ce que le possédé souffre et de la façon dont le démon se comporte. Mais l'exemple est-il particulier ou exceptionnel, non ordinaire!? Rien ne le fait supposer, les termes étant généraux, et le Sauveur disant ce qui arrive à l’homme par le fait des démons, non ce qui est arrivé à un individu par le fait d'un démon. D'autre part, il est inconcevable que Jésus ait entendu formuler une loi absolue, puisqu'il se serait condamné lui-même en constatant que le résultat fatal des guérisons faites par lui était une rechute plus grave ?. Comme il n'établit aucune distinction entre les possédés délivrés par lui et ceux qui auraient pu être délivrés par d’autres, c’est du côté des possédés qu'il faut chercher le complément d’une assertion qui ne peut avoir été aussi
1. Jücicuer, 11, 236, le soutient, en s’appuyant sur Marru. 28; mais, supposé que ce verset représente une parole de Jésus, il serait bien risqué d’en tirer argument pour l'interprétation d’une autre parole dite dans des circonstances différentes. La formule : #rav vd axdBæoTov medua 856107 xd roÿ avbcorovu, est aussi générale que possible. Jésus ne dit nullement que, si un démon chassé en ramène sept autres, la situation est pire, il dit que le démon revient.
2. Cest ce qui paraît incontestable dans l'argumentation de Jülcher, nel,
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inconditionnelle qu’elle le paraît. Celui-là seulement sera garanti contre le retour du démon et des démons qui recevra la parole et s’attachera à celui qui est plus fort que Satan !. Sinon rien ne le protège contre son ennemi. Par là Jésus pouvait tout à la fois expliquer la rechute de certains malades qu'il avait guéris et maintenir qu'il chassait les démons par la vertu de Dieu. Mais il a pu dire, il semble avoir affirmé nettement que l’exorcisme n'avait pas d'effets durables et qu'il était plutôt nuisible à ceux qui, débarrassés de leur démon, laissaient leur maison vide et ne la remplissaient pas d'esprit saint. La place reste libre et le démon y reviendra. Le discours n’aurait pas grande signification si le danger de rechute plus grave était exceptionnel et n'existait pas pour tous ceux qui, une fois guéris, resteraient indifférents à l'Évangile que Jésus annonce.
L'incident de la femme qui loue la mère de Jésus, introduit par Luc entre ce morceau et la déclaration relative au signe de Jonas, est parallèle à ce qu'on lit dans Marc?, dans Matthieu ? et dans un autre endroit du troisième Évangile 4 touchant la mère et les frères du Sauveur qui demandent à le voir.
Jürucuer, Il, 239.
it, 31-39.
xu, 46-50.
vint, 19-21.
rw bb ER
Marrk.:x1, 2-19. Luc vu, 18-35
Après la guérison du fils du centurion, Matthieu raconte celle de la belle-mère de Pierre et plusieurs autres faits que Marc et Luc ont déjà signalés ou qu’ils rapporteront plus tard. Bien que les rapports chronologiques soient partout assez incertains, l’ordre de Matthieu est ici particulièrement artificiel; celui de Luc est fondé sur Marc, le rédacteur du troisième Évangile introduisant le message de Jean-Baptiste après l’histoire du centurion et subordonnant à ce message l’histoire du jeune homme de Naïn. Matthieu ne pouvait placer l'incident si près du discours sur la montagne, quand il n’avait raconté encore que deux miracles. Il l’a renvoyé après la mission des apôtres, tandis que, dans Marc et dans Luc, c’est le récit de la mort de Jean qui suit cette mission. La substitution ne doit pas être accidentelle : Marc n'ayant pas le message, Matthieu a mis cet incident à la place que le second Évangile assigne à la mort; puis il a rattaché la mort de Jean à l’affaire de Nazareth, qui précède dans Marc le discours de mission. Ces transpositions ne font que brouiller la perspective, attendu que la mort et par conséquent le message de Jean sont antérieurs à la mission des apôtres.
Marru. x1, 2. Et Jean, ayant Luc, vu, 18. Et les disciples de entendu parler, dans la prison, Jean lui annoncèrent tout cela; des œuvres du Christ, lui envoya et ayant appelé deux de ses dis- 3. dire par ses disciples : « Es-tu ciples, Jean 19. envoya dire au celui qui vient, ou en attendrons- Seigneur : « Es-tu celui qui vient,
ou en attendrons-nous un autre ? »
20. Et les hommes, étant venus le trouver, dirent : « Jean le Baptiste nous a envoyés vers toi, disant : « Es-tu celui qui vient, ou en attendrons-nous un autre? »
21. À cette heure, il guérissait beaucoup de gens de maladies, d’infirmités, d’esprits mauvais, et il donnait la vue à plusieurs aveugles.