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accomplissement, l’apparition d'Élie à la fin des temps. Cet élément de la théologie apocalyptique étant sauvegardé, l’évangéliste, pour attirer l'attention du lecteur sur la signification profonde du texte prophétique relativement à Jean, anticipe la parole qui se lit après la parabole du Semeur : « Qui a des oreilles entende. ! »
Au lieu de ces considérations qui avaient perdu pour lui de leur importance et qu'il se proposait d'utiliser sommairement ailleurs, Luc amène une remarque sur laccueil fait par les pharisiens et par les publicains à la prédication de Jean. Dans la forme que lui a donnée l’évangéliste, ce morceau est surajouté, très mal joint au contexte. Le même thème est traité ailleurs dans Matthieu? de façon beaucoup plus satisfaisante, comme application de la parabole des Deux fils : cette disposition doit venir de la source, mais non la place assignée au tout dans le cadre historique de la dernière semaine. Il est possible que Luc ait trouvé la parabole et son appendice parmi les autres propos de Jésus qui étaient relatifs à Jean *, et que Matthieu ait jugé bon de les renvoyer plus loin, dans un endroit où il était encore question du Baptiste. Luc aura négligé la parabole, ayant aussi deux fils dans l’histoire du prodigue, et il en aura substitué la lecon morale aux réflexions qu’il jugeait bon de transposer, en l’adaptant maladroitement au jugement porté sur Jean-Baptiste “. La phrase est construite de telle sorte que l’on a pu hésiter à y voir une parole de Jésus ou une observation de l’évangéliste, la mention du peuple, inattendue dans la bouche de Jésus, semblant favoriser la
xit, 9 (Marc, 1v, 9).
xxI, 31-32.
B. Weiss (ap. J. Weiss, 407).
. Il aura aussi très délibérément supprimé les xéova de Marru. x1, 31-32; rüç © Auôç, qu'il met à la place (v. 29), est une formule contre laquelle l'historien seul peut avoir à réclamer,
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seconde hypothèse, tandis que la forme des verbes ! et la tournure générale de la phrase s’arrangent mieux de la première. Cependant l’évangéliste entend continuer le discours de Jésus, mais c’est lui qui le compose d’après un texte qu'il aurait mieux fait de ne pas retoucher. L’incohérence du discours est due à la juxtaposition de morceaux distincts par leur origine et insuffisamment coordonnés dans la rédaction. D’après Luc, le blâme dirigé contre ceux qui n'ont pas cru à la prédication de Jean s’adresserait aux pharisiens et aux docteurs de la Loi ; d’après Matthieu, il aurait été adressé aux autorités ecclésiastiques de Jérusalem. L'hypothèse de Luc? est pour le moins aussi vraisemblable que celle de Matthieu. Par la place qu’il assigne à cette critique, le rédacteur du troisième Évangile semble vouloir indiquer que l’apostrophe suivante, jetée par le Sauveur à la génération contemporaine, vise aussi les pharisiens et les scribes avant tous les autres. Les gens du peuple * et les publicains ont reconnu la volonté de Dieu, manifestée dans la prédication de Jean, et ils s’y sont conformés en recevant le baptême. Au contraire, les pharisiens et les docteurs de la Loi, n’ayant pas voulu recevoir ce baptème de pénitence, ont rendu le dessein de Dieu inefficace en ce qui les concernait. Et comme ils n’ont pas accepté Jean, ils rejettent pareillement Jésus. Le Sauveur lui-même va le leur reprocher, les comparant à dès enfants qui ne savent ce qu’ils veulent.
1. V. 29. Edtxatwouv ; 30. n0érnouv. Noter que le premier de ces verbes anticipe le v. 35. xai &dixauwsün h cogta xrÀ., et que Luc s'inspire de ce passage en résumant l’enseignemeut de Marrx. xx1, 28-33.
2. Autant qu'on en peut juger par le texte complet de Marx. supr. cit, les interlocuteurs de Jésus n'étaient pas nommés dans la source.