‹ Morceaux d'exégèseChapitre 32 sur 138 · Ch supr. p · texte numérisé non relu

Ch supr. p

Marru., x1, 16. « Et à qui comparerai-je cette génération ? Elle est comparable à des enfants assis sur la place publique, qui, interpellant leurs compagnons, 17.

disent : Nous avons joué de la flûte et vous n’avez pas dansé ; nous nous sommes lamentés et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine. 18. Car Jean est venu ne mangeant ni ne buvant, et ils disent : Il a un démon. 19. Le Fils de l’homme est venu mangeant et buvant, et ils disent : Voici un homme gourmand et buveur de vin, ami des publicains et des pécheurs. Et la sagesse a été justifiée

Luc, vu, 31. « À qui donc comparerai-je les hommes de cette génération, et à quoi sont-ils comparables ? 32. Ils sont comparables à des enfants assis sur la place publique et qui s’interpellent mutuellement, disant : Nous vous avons joué dela flûte et vousn’avez pas dansé ; nous nous sommes lamentés et vous n'avez pas pleuré.

33. Car Jean le Baptiste est venu ne mangeant pas de pain et ne buvant pas de vin, et vous dites:

Il a un démon. 34. Le Fils de l’homme est venu mangeant et buvant, et vous dites : Voici un homme gourmand et buveur de

vin, ami des publicains et des pécheurs. 35. Et la sagesse a été justifiée par tous ses enfants. »

par ses enfants. »

Le préambule de la parabole, avec le parallélisme de sa double question, est mieux conservé dans Luc !. Il n'ya pas de variante notable dans le développement de la comparaison, qui a été conservée d’abord pour elle-même et qui doit se rattacher chronologiquement à une période assez avancée du ministère de Jésus, lorsqu'il fut devenu évident que les chefs religieux des Juifs et la masse qui les suivait docilement ne se rallieraient pas plus à l'Évangile qu’ils ne s'étaient ralliés à la prédication de Jean-Baptiste. Le blâme de Jésus s'adresse en effet à la génération contemporaine, qui, dans sa grande majorité, n'a pas écouté Jean et ne l’écoute pas lui-même ; il n’a pu être prononcé devant la foule sympathique au milieu de laquelle

1. Un petit nombre de témoins récents et le grec reçu (ainsi que la Vulgate clémentine) introduisent la comparaison par ces mots : eire dè © xüptos, parce qu'on a regardé la réflexion précédente comme appartenant à l’évangéliste. Pour la double interrogation de Luc, 31, cf. xmr,

les messagers du Baptiste ont trouvé le Sauveur, ni dans un temps et une occasion où Jésus pouvait constater le succès de son œuvre. Le Christ explique au moyen d'une comparaison pourquoi on n'a pas compris Jean et on ne comprend pas le message évangélique. C’est que le plus grand nombre, la nation israélite dans son ensemble, est comme une troupe d'enfants qui sont venus sur la place publique afin de jouer et qui se sont installés dans un endroit propice ; ils ne peuvent organiser leur jeu parce qu’ils ne viennent pas à bout de s'entendre, et ils ne font qu'échanger des reproches amers; ils auraient voulu un jeu gai, simuler une danse, ou bien un jeu triste, simuler un enterrement ; comme il y en a toujours qui ne sont pas de l’avis des autres et que tous changent aisément de caprice, on n’aboutit qu’à des récriminations. Pour faire l'application de la comparaison, il ne faut pas distinguer deux groupes d'enfants dont l’un représenterait les Juifs, l’autre Jean et Jésus '. Deux partis ne se distinguent dans la troupe d’enfants que pour marquer la versatilité de la génération qui a mal jugé l’existence de Jean, comme elle juge mal à présent la vie moins austère de Jésus. C’est cette génération seule qui est comparée aux enfants qui se disputent. Jean et Jésus restent en dehors, comme les personnes au sujet desquelles s’est manifestée la frivolité des contemporains. Ils ne peuvent être comparés aux tenants respectifs du jeu triste et du jeu gai, qui s'invectiveraient mutuellement ? » puisque la génération dont il s’agit n'a été portée ni pour l’un ni pour l’autre et les a rejetés tous les deux 3. Étant donné que la comparaison n’est pas une allégorie et qu’elle vise uniquement l’attitude contradictoire des Juifs à l'égard de Jean et de Jésus,

. Meyer, Plummer, ap. Jüricner, Îl, 30.

: Hozrzmanx, 67, qui distingue dans les enfants un groupe messianique et un groupe johannique.

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