Jüuicxer, Il
l'application se ramène à l’analogie de deux enfantillages : celui de vrais enfants que leur naturel capricieux empêche de s’accorder sur un jeu quelconque ‘ ; celui des Juifs, qui, aussi légers d’esprit que ces enfants, se contredisent eux-mêmes dans les jugements qu’ils portent sur Jean et sur Jésus. La matière sur laquelle s’exerce le premier enfantillage, jeu triste et jeu gai, est choisie de facon à correspondre à celle sur laquelle s'exerce le second, le genre de vie du Baptiste et du Sauveur ; mais les personnes de ces derniers n’entrent pas dans la comparaison. Après avoir taxé Jean de folie en le disant possédé, parce qu'il menait une vie d’anachorète ?, les Juifs taxent Jésus d’intempérance * parce qu’il vit comme tout le monde et avec tout le monde. Ils devraient au moins prendre parti pour l’un des deux, puisque leur jugement sur l’un contredit celui qu'ils portent sur l’autre. S'il n’en est pas ainsi, c'est qu'ils sont aussi difficiles à satisfaire que des enfants qui ne peuvent s'entendre pour jouer la joie ni pour jouer le deuil.
1. Matra. 17. nûAñoauev dpiv x oùx HoyhTacbe éOpnvicamev xat oùx Exdbacte (Luc, 32. Exlauoure).
Le parallélisme et les assonances du grec existaient dans l’araméen. V. 16, au lieu de à rpocpwvoëvra vois étépois (Luc, 32. xoi roocomvoÿou &Alotc), Ss. Sc. CEF'etc., donnent érétpois aër&v (leçon plus facile).
2. V. 18. 0ev yap Todvvns write échlwv pâte tivov. Luc, 33. £AfAubev yao Todvvns 6 Banrioris WA Echwvy &orov pre rivwv oivov. Les mots &prov et oîvoy sont omis dans D, Ss. Sc. plusieurs mss. lat. Ils sont certainement ajoutés au texte primitif, représenté par Matthieu, et destinés à atténuer une assertion que l’on trouvait exagérée ; les mss. varient dans la place qu’ils leur assignent, et l'on peut les considérer comme des gloses explicatives. La rectification pourrait cependant venir de Luc lui-même (cf, 1, 15), qui a passé intentionnellement sous silence les détails de Marc, 1, 6, touchant le régime extraordinaire du Baptiste; et 1l n’y aurait pas lieu de s'étonner que certains témoins eussent conformé le texte de Luc à celui de Matthieu, parce qu'ils n'avaient plus les mêmes scrupules que l’évangéliste et se complaisaient au contraire dans la formule absolue de Matthieu.