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à des souvenirs non effacés, attribuer au Christ, durant sa vie mortelle, l'intention d’évangéliser les Gentils. De même que les Soixante-douzefigurent les prédicateurs chrétiens qui ont entrepris l’évangélisation de l’univers, l’endroit où ils sont censés porter l Évangile, à savoir la Samarie, queJésus est supposé vouloirtraverser, représente l'univers entier !. Les Samaritains étaient plutôt des Israélites schismatiques que des païens ; mais, au point de vue juif, ils étaient plutôt païens qu'enfants d'Israël, et c’est pour cela que Luc ?, soit dans l Évangile, soit dans les Actes, se complaît à montrer Jésus et les apôtres en relations avec les Samaritains. Ainsi commençait et se préfigurait l’universalité du christianisme. Toute l’histoire de la Samaritaine, dans le quatrième Évangile ?, est fondée sur cette idée. Ce ne doit point être par hasard qu’un discours qui, dans Matthieu “, contient la défense de prêcher aux Samaritains, se trouve, chez Luc, donné en Samarie *. Luc lui-même s’oublie à citer © comme ayant été adressée aux apôtres une parole qui se trouve dans le discours aux Soixante-douze ?, et la facon dont ce discours est introduit trahit encore l’artifice qui l’a détourné de sa destination et de sa place originelles. Si l’on ne dit pas que l'Évangile ait été prêché aux Samaritains, c'est que, dans la réalité, il ne l’a pas été. On a voulu ouvrir une perspective prophétique $; mais il est possible que l'intention