J. Weiss, ap. Hozrzmanx
la mission des apôtres, la déclaration du Sauveur à la femme cananéenne !. Cependant le rapport des deux passages n'est pas une objection contre l'authenticité de l’un ou de l’autre. On peut trouver que la tradition de Luc?, tout en laissant tomber la défense, suppose la mention des Samaritains en cet endroit du discours. D’autre part, la recommandation dont il s’agit peut sembler inutile, attendu que l’évangélisation des Samaritains et des Gentils est si naturellement en dehors du programme de la mission des apôtres, n'étant pas dans celui de Jésus, qu’il était à peine besoin d’en parler alors. Mais on a pu avoir intérêt plus tard à relever dans le discours ce qui avait été vrai en fait. La prohibition peut s'entendre dans un sens ethnographique *, en sorte que le cadre assigné à l’activité des : apôtres soit la Palestine, à l'exclusion des endroits occupés par les Samaritains ou les païens; ainsi entendue, elle correspondra à la remarque finale ‘ touchant les villes d’Israël dont on n'aura pas achevé le tour avant le grand avènement. Cette remarque n’a guère de sens relativement à la première mission des apôtres, car il est peu croyable que le Sauveur ait voulu signifier qu'il apparaîtrait dans la gloire messianique avant le retour de ses envoyés; mais elle ne convient pas davantage à aucune autre manifestation de l’activité apostolique avant la passion; prise dans sa signification naturelle, on ne peut l’expliquer que par rapport à la situation de l'Évangile en Palestine, dans les vingt ans qui ont suivi la mort du Sauveur, avant le grand développement des missions chez les Gentils. Ce sont des judéochrétiens qui ont pu croire que Jésus reviendrait avant que la prédication apostolique eût atteint toutes les villes de Palestine. Il est donc probable que la prohibition et la
xv, 24.
. 1x, 52-53. Cf. supr. p. 68.
Cf. supr. p. 76, n. 2.