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tolérable à Sodome, etc. ! » Vous s'adresse aux auditeurs de Jésus, c’est-à-dire aux disciples, par manière d’affirmation solennelle et directe à des personnes présentes ; toi s'adresse à la ville par manière d’apostrophe oratoire. L’artifice rédactionnel n’en est pas moins évident; il est inutile de vouloir le corriger en rapportant vous aux habitants et tot à la cité, et en supposant une influence du pluriel employé pour Chorazin et Bethsaïde ?. Jésus a tutoyé Capharnaüm, et il n’y a pas de raison pour qu’il revienne au « vous » en lui parlant. Il est probable que Luc voyait dans cette malédiction prononcée contre les villes galiléennes la réprobation des Juifs au profit des Gentils. Par une sorte de compensation pour le déplacement de ce morceau, et pour allonger le discours de mission, Matthieu insère, après l'invitation à la prudence et à la simplicité, afin d'expliquer en quel sens les disciples seront comme des brebis au milieu des loups, un passage où sont décrites les persécutions qu’auront à subir les prédicateurs de l'Évangile. L'exhortation est sans rapport avec les circonstances de la première mission, et Marc l'a placée dans le grand discours eschatologique par lequel il couronne l’enseignement de Jésus. C’est là peutêtre que Matthieu l'aura prise, sauf à la répéter encore, en la retouchant, dans le discours sur la parousie #. Il semble d’ailleurs qu’elle a dû exister, peut-être sous une forme plus courte, dans le recueil de discours, puisque Luc * en donne une partie et semble l'avoir trouvée près de l'instruction sur le courage dans la prédication-et la confession de l'Évangile, que Matthieu lui-même va bientôt reproduire. Le discours apocalyptique de Marc étant
MarTTH. x, 15.
HozrTzmanx, 359.
x, 9-13 (Luc, xx1, 12-19).
xxIv, 9-14.
xu, 11-12.
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une compilation, rien n'empêche que les trois Synoptiques ne procèdent, en dernière analyse, d’une seule source qui se trouve dédoublée, par l'emploi de Marc, relativement à Matthieu et à Luc.
Marru. x, 17. « Et tenez-vous en garde contre les hommes; car ils vous livreront à des tribunaux et ils vous flagelleront dans leurs synagogues; 18. et vous serez conduits devant des gouverneurs et des rois à cause de moi, en témoignage pour eux et pour les nations.
19. Et quand ils vous livreront, ne Luc, xu. 11. Et quand on vous inquiétez pas de la façon (dont vous amènera devant les asvous répondrez) ni de ce que vous semblées, les autorités et les direz; 20. car ce ne sera pas vous puissances, ne vous inquiétez qui parlerez, mais l'Esprit de votre pas de la façon dont vous vous Père parlera en vous. 21. Et le frère défendrez ni de ce que vous Livrera le frère à la mort, et le père direz; 12. car le Saint Esprit l'enfant; et les enfants se lèveront vous apprendra en cette heure contre leurs parents et les feront ce qu'il faut dire. » mourir, 22. Et vous serez haïs de tous à cause de mon nom, mais celui qui aura persévéré jusqu'à la fin sera sauvé. »
Les mots : « tenez-vous en garde contre les hommes ! » sont la suture par laquelle l’évangéliste rattache cette exhortation au contexte où il l’introduit. « Les hommes » sont « le monde ? » qui rejette l'Évangile et qui comprend Juifs et païens. Ces mauvaises dispositions des hommes sont ce qui réclame des disciples la prudence du serpent. Les Juifs, en effet, traineront les prédicateurs évangéliques, qui sont d’origine juive, devant leurs propres tribunaux et ils les flagelleront dans leurs synagogues. On sait, par les Actes * et par saint Paul !, que le régime disciplinaire des synagogues admettait la peine
1. V. 17. moocéyete Dè ànd Tv avbewrwv. Cf. vi, 15, en notant que dans ce passage, composé par l'évangéliste (voir Le discours sur la montagne, 133), il est question de loups et de brebis, comme dans x, 16.