Marru. xu, 24, supr. cit
Matra. x, 26. « Ne les craignez donc pas ; car rien n’est caché qui ne doive être découvert, ni secret qui ne doive être connu. 27. Ce que je vous dis dans l'obscurité, dites-le à la lumière ; et ce que vous entendez à l’oreille, prêchezle sur les toits. 28. Et ne craignez pas ceux qui peuvent tuer le corps, mais ne peuvent tuer l'âme:
craignez plutôt celui qui peut perdre et l’âme et le corps en géhenne. 25. Deux passereaux ne se vendent-ils pas un liard? Et pas un d’eux ne tombe à terre malgré votre Père. 30. Mais même les cheveux de votre tête sont tous comptés. 31. Ne craignez donc pas : vous valez mieux que plusieurs passereaux. 32. Quiconque donc m'avouera devant les hommes, je l’avouerai, moi aussi, devant mon Père qui est aux cieux. 33. Et celui qui me reniera devantles hommes, je le renierai, moi aussi, devant mon Père quiest aux cieux. »
Luc, xn, 2 « Mais rien n'est caché quine doive être découvert, ni secret qui ne doive être connu.
3. C’est pourquoi tout ce que vous dites dans l’obscurité sera entendu à-la lumière, et ce que vous prononcez à l'oreille, dans les chambres, sera prêché sur les toits. 4. Et je dis à vous, mes amis : ne craignez pas Ceux qui tuent le corps et après cela ne peuvent rien faire de plus. 5.
Mais je vous montrerai qui vous devez craindre : craignez celui qui, après avoir fait mourir, a pouvoir de jeter dans la géhenne.
Oui, vous dis-je, craignez celuilà. 6. Cinq passereaux ne se vendent-ils pas deux Hards? Et pas un seul n’est oublié devant Dieu. 7. Mais même les cheveux de votre tête sont tous comptés.
Ne craignez pas, vous valez mieux que plusieurs passereaux. 8. Et je vous (le) dis, quiconque m'avouera devant les hommes, le Fils de l’homme aussi l’avouera devant les anges de Dieu. 9. Et quiconque me reniera devant les hommes sera renié devant les anges de Dieu. »
Matthieu n’a rien trouvé de mieux, pour faire la liaison
de ce morceau avec ce qui précède, que la formule :
«Ne
les craignez donc pas », empruntée aux conseils qu'il va reproduire. Il n’y a pas lieu de craindre un mal connu
LA
d'avance et inévitable ; il faut se préparer à le supporter courageusement. On ne voit pas du premier coup le rapport de cette idée avec ce qui suit : € Rien n’est caché qui ne doive être découvert. » On ne peut pas songer au triomphe de l'Évangile ni même à la manifestation des bons sentiments qui inspirent les apôtres. Dans la pensée du rédacteur, on dirait qu'il s’agit du caractère inéluctable de la persécution, qui doit être attendue. sans trouble parce qu'il est de nécessité providentielle qu’elle arrive et paraisse au jour. Mais ce qu'on lit ensuite montre que l'application de la sentence proverbiale : « Tout secret est pour être découvert », vise l’objet même de la prédication évangélique, la vérité que Jésus confie aux apôtres et qu'ils devront un jour annoncer au monde. Le Sauveur emploie des termes métaphoriques : «ce quiest dit dans l’obscurité, à l'oreille », est l’enseignement qu'on suppose donné aux apôtres seuls ; cet enseignement devra être prêché sur les toits, c’est-à-dire proclamé devant tous ouvertement. La liaison réelle des idées est donc : le Fils de l’homme reviendra bientôt ; il ne faut pas avoir peur de la persécution, mais Der la vérité de l’ Évangile, qui, enseignée maintenant dans le secret, est faite pour cette manifestation et la réclamera. L'application primitive de la sentence touchant le secret qui doit être connu, paraît avoir été autre !. Jésus n’avait pas d'enseignement ésotérique, et c’est plutôt la tradilion qui aura compris de cette manière ses paraboles et la réserve gardée par lui touchant sa qualité de Messie. Mais si cette qualité devait être dévoilée plus tard, ce n’était pas, dans l'esprit de Jésus, en tant que thème d'enseignement, c'était par la manifestation finale du royaume et le grand jugement. Le troisième Évangile suppose dans la source tout ce qu'on lit dans Maithieu, sauf la formule de transition ;
1. Cf. Marc, 1v, 21; Luc, vin, 16-17 ; Matra. v, 14-16, et voir Le discours sur la montagne, 36.
mais Luc semble avoir retouché un peu plus le texte, pour satisfaire aux exigences de sa combinaison rédactionnelle. Après un discours contre les pharisiens, Jésus dirait à ses disciples, en présence de la foule : « Gardez-vous du levain des pharisiens, qui est l'hypocrisie ! »; et il continuerait : « Rien n’est caché qui ne doive être découvert. » L'évangéliste veut donc signifier que l'hypocrisie est inutile et que l’on aurait tort de vouloir cacher quoi que ce soit, attendu que tout ce qu'on cache est pour être connu De là ?, en ce qui concerne l'Évangile, une application assez détournée : ce que les disciples auront dit dans l'obscurité sera entendu à la lumière, et l’on prêchera sur les toits ce qu'ils auront dit dans les chambres. Les précautions des missionnaires évangéliques n’ont rien de commun avec l'hypocrisie. Mais il est à noter que ce ne sont pas les disciples qui sont invités ici à prêcher publiquement. L’évangéliste semble avoir pensé que la prédication des apôtres n'avait pas eu cet éclat et que la publicité de l'Évangile n’est venue que plus tard, si tant est qu’elle ne soit pas réservée à l'avenir. Ainsi la recommandation de n'avoir pas peur est moins bien introduite, les disciples n'ayant pas besoin d’un si grand courage pour prêcher dans les maisons particulières. Dans Matthieu, Jésus semble recommander à ses disciples un courage qu'il n'aurait pas lui-même *, et dans Luc, un courage qu'ils n'auront pas à pratiquer. C'est peut-être que la manifestation de l'Évangile n'était pas d’abord la prédication des missionnaires, mais l’avènement du royaume,