‹ Morceaux d'exégèseChapitre 76 sur 138 · Hozrzmanx · texte numérisé non relu

Hozrzmanx

les Romains. Comme le condamné portait lui-même l’instrument de son supplice jusqu’au lieu de l'exécution, dire qu'il faut porter sa croix derrière Jésus est dire qu'on doit le suivre sous la persécution et jusqu’à la mort du martyre !. Cette exhortation ne se présente pas comme une prophétie dont les apôtres n'auraient pu voir la portée que plus tard ?; elle ne serait pourtant pas autre chose si elle avait été réellement prononcée; elle n’a de sens que relativement à la passion et pour qui connaît les circonstances de la mort de Jésus. Car il ne s’agit pas d'une éventualité qui pourrait se produire : les disciples doivent être prêts à mourir comme leur Maître ; ni de supporter les peines quelconques de la vie : les disciples sous la croix, derrière Jésus, sont des condamnés à mort. C’est la même idée qui est présentée, sous une forme plus intelligible et d’une authenticité incontestable, dans le jeu de mots sur la vie à perdre et à gagner.

Le sacrifice ol que l’on fait à la cause de l° Évangile n’est pas sans compensation. Îl faut tout perdre en ce monde pour tout gagner en l’autre. Le Sauveur joue sur le double sens du mot «âme » ou « vie » , qui représente le principe de la vie naturelle et le sujet de la béatitude éternelle. « Celui qui », en reniant Jésus, « aura trouvé sa vie », l'ayant sauvée de la mort temporelle, « la perdra » en réalité, parce qu'il sera privé de la vie véritable, la vie éternelle. « Celui qui aura perdu sa vie », c’est-à-dire qui aura été mis à mort pour la cause de l anale « La trouvera » véritablement, parce qu'il gagnera ainsi la vie bienheureuse dans Le royaume des cieux. Pour le disciple fidèle, la perte de la vie terrestre n'est qu’un mal apparent et un réel profit. Pour l’apostat, la conservation de son existence semble être un avantage : c’est, en fait, le dommage

1. Ce n’est pas précisément la même idée que Gaz. 11, 19; vi, 14. 2. Scuanz, Matthaeus, 303.

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