Ce qui serait indiqué par le contexte de Luc
5. Ce qui résulterait de la combinaison rédactionnelle dans Marx. x1, 20-30.
pre ” "A SAN EE, ROUES LR AT LENS SRE
tance et elle pourrait aussi bien avoir été dite en une autre occasion. Le sentiment qu'elle exprime n'a rien que de conforme à l'esprit de Jésus !; la conclusion : «oui Père, parce qu'il t'a plu ? ainsi », où l’on ne peut supposer aucune intention du rédacteur, semblerait en confirmer l'authenticité. Cependant le fond même du discours et la construction rythmique du passage tout ‘entier inviteraient plutôt à y voir l’œuvre d’un prophète chrétien parlant au nom du Christ, dans le style des psaumes et des prophètes de l’Ancien Testament *.
La suite est d’un autre ton et se rapporte à un autre objet. Ce n’est rien moins qu'une prière. On dirait plutôt une apologie indirecte de la foi que les simples ont accordée à la prédication évangélique, une recommandation du Christ lui-mème, qui se définirait en quelque sorte devant ses disciples pour faire valoir son autorité, une théorie de la révélation chrétienne, qui serait en même temps une christologie. Sans transition aucune #, le Christ, qui parlait à son Père, parle maintenant de lui-même. L'unité apparente du discours résulte de ce qu'il s'agit toujours d'une doxologie, et le rythme est analogue à celui
1. Mais le vocabulaire est plutôt celui de Paul ; cf. 1 Cor. 1, 18-11, 1.
2. Littéralement : « il a été plaisir devant toi ». Cf. Matra. xvm, 14. Tournure rabbinique, pour ne pas attribuer directement une volonté à Dieu (Dazmaw, I, 173). Le v. 26 peut s'entendre comme une confirmation du fait indiqué dans le v. 25, et dans ce cas êxe équivaut à « car», ou bien comme une confirmation de la louange, le second êrx étant coordonné à celui du v. 25 et dépendant aussi de touoloyobuar.
3. Cf. Ps. ext, 1; vu, 3: xix, 8: Is. xxix, 14: mais surtout Ecczr. Lt (voir infr. p. 135, n. 2}:
4. Plusieurs témoins de Luc ont, au commencement du Vi :297Ia notice : xœ!l ctpxpeis rodc Toùc méônràs sixev. Comme x BDL, etc. n'ont pas cette notice et qu'elle double fâcheusement celle qu'on lit au début du v. 23, on admet généralement qu'elle n'est pas authentique au v. 22. Il est très vraisemblable que l'évangéliste ne l’a écrite qu'une fois, mais elle serait aussi bien. peut-être mieux, au commencement du v. 22, et l'on peut se demander si telle n'était pas d’abord sa place, non dans la source, où elle n'existait pas, mais dans Luc.
du morceau précédent ! ; mais le rapport de la doxologie personnelle avec la doxologie divine est plus facile ‘à comprendre au point de vue de l’évangéliste qu’au point de vue de Jésus. Si la déclaration concernant la relation du Père et du Fils appartenait à l’enseignement authentique du Sauveur, la combinaison de cette déclaration avec la prière qui précède serait venue après coup. Il est sous-entendu que si les humbles croyants sont instruits des choses divines, c’est que Jésus les leur a apprises, et que Jésus a pu les leur enseigner sûrement, tenant luimême sa science du Père céleste.
« Toutes les choses » dont Jésus a recu du Père la communication sont, au moins en première ligne et dans la pensée des évangélistes, les choses qui ont été cachées aux sages et révélées aux petits, c'est-à-dire la vérité du royaume, l’économie providentielle du salut. Cette participation à la science de Dieu ne va pas. sans une participation à sa puissance, attendu que Jésus est chargé d'opérer, non seulement d'annoncer le salut du monde, et la réciprocité de connaissance entre le Père et le Fils, quand même elle ne supposerait pas encore toute la métaphysique du dogme trinitaire ?, n’en implique pas moins entre Dieu et le Christ un rapport unique en son genre et que l’on peut dire transcendant. Mais le texte vise directement la connaissance, non la puissance ou la nature, et si l'on tient compte du contexte, l’on supposera même
14. Cf, Branor, Die evangelische Geschichte, 562. Marru. 27 (Luc 22), révra pot rapedoÿn Ürd TOÙ rateds Wou, xai oùdels émryiwwaxe toy vièy (Luc, yuosxe ris Ecru 6 uios) ei wn o nat OUDE TOV TUTÉOA TI ErryrvooxEt (Luc, xat tic Ectiw 0 mate) xai & av BouAnta: 6 viès aroxæ but.
2. Les deux propositions concernant le Père et le Kils font jeu de mots et ne sont pas à expliquer indépendamment l'une de l’autre; elles expriment la réciprocité de connaissance parfaite, et rien de plus. Cf. Dazmax, I, 232. En supprimant la première (avec WerLHausex, ME. 58), on détruit l'économie de la strophe.
volontiers que l’objet de cette connaissance est, par rapport au Christ, Dieu en tant que Providence, réglant les conditions du salut des hommes, et par rapport au Père, Jésus en tant que Messie et agent principal des desseins providentiels. Dans tout le passage, il n’est question que de connaissance, connaissance acquise par les humbles croyants et refusée aux sages de ce monde, connaissance que le Père a du Fils qu’il a envoyé faire cette révélation aux simples, connaissance que le Fils a du Père dont il manifeste les pensées miséricordieuses. On peut dire que nul ne connait parfaitement le Fils et le dévouement qui l’attache à la rédemption de l'humanité, si ce n’est le Père qui l'envoie, et que nul ne connaît le Père et la bonté indulsæente dont il poursuit ses créatures, si ce n’est le Fils et ceux qui sont enseignés par lui.
Il n’en est pas moins vrai que ces assertions comportent par elles-mêmes une signification plus absolue. Bien que Père et Fils ne soient pas uniquement des termes métaphysiques et qu’ils représentent ici Dieu et le Christ, l'emploi du mot Fils, sans autre complément, est extraordinaire dans la bouche de Jésus !, et ilappartient plutôt au langage de la tradition qu’à celui du Sauveur: il désigne le Christ immortel, on peut même dire éternel ?. La connaissance réciproque du Père et du Filsn’est pas davantage présentée comme une relation née dans le temps et se réalisant actuellement ; elle a le caractère supra- historique des assertions ur. qu'on trouve dans le quatrième Évangile ; elle n'exprime pas la préexistence, mais on peut dire qu’elle la suppose. Au moins dans sa forme actuelle, cette déclaration exprime la foi de la communauté chrétienne, et elle est libellée comme un petit symbole doctrinal qui aurait
1. On le retrouve seulement dans Marc, x, 32, et là aussi on peut penser à une glose dela tradition ou del’ Ah 2e Hu 1, 1-4.
été destiné primitivement à signifier l'excellence de la révélation évangélique ‘. La formule : «Tout m'a été remis par mon Père » est le lien rédactionnel par lequel on a rattaché ce symbole à la prière de Jésus et pourrait bien avoir ici le même sens que dans la finale de l'Évangile ?. Le symbole aurait-il été originairement le dire d'un prophète chrétien, repris par l’auteur de la prière ? ILest plus probable que la prière, le symbole et l’exhortation qui la suivent dans Matthieu procèdentd'une inspiration unique, comme ils sont rythmés de la même façon *. Cantique de
sagesse chrétienne, fruit de l'Esprit.
Une variante notable, plus ancienne que tous les manuscrits connus, se rencontre dans plusieurs témoins du second siècle # : « Nul n’a connu ÿ le Père, si ce n’est le Fils, ni le Fils, si ce n’est le Père, et celui à qui le Fils révèle » son être, ou bien le Père et lui-même. Il est certain qu'une transposition de ce genre pouvait se produire accidentellement, sans être suggérée par quelque intérêt théologique. Mais le choix entre les deux lecons n’en est pas plusfacile. La mention du Père, au début, s'accorde peutêtre mieux avec la formule d'introduction; au point de vue du christianisme primitif, la proposition : « nul n'a connu le Père si ce n’est le Fils », est la principale et vient mieux
1. Selon Dazmax (loc. cit.), Jésus aurait parlé en figure, faisant seulement l'application de ce principe : 1l n'y a pour connaître un fils que son père, et un père que son fils. Ce n’est pas le sens du texte évangélique, et le principe n'est-il pas trop discutable pour que Jésus ait pu l'employer? Ces considérations sur le Père et le Fils font écho à l'invocation de Dieu comme Père dans Eccrr, 1, 1 (hébreu), 10. Cf. infr. p. 135, n. 2.
2. xxvin, 18. xu1, 29 ne prouve rien en sens contraire ; Car le pouvoir donné au Christ n'empêche pas le Père de rester le maître du ciel et de la terre (cf. I. Cor. xv, 2 7). Il y a, dans l’ensemble, une réelle aflinité entre x, 25-30 et xxvur, 18-20.
BranprT, 561, 976.
Marcion, Justin, Irénée, Hom. clémentines.
Evo.
ot Æ ©
Pi
en premier lieu : l'on a pu penser ensuite que la science devait être mise d’abord dans le Père; l’aoriste « a connu » n’a pas toute la portée métaphysique du présent « connait », et l’on a pu éviter le premier parce qu'il se prêtait à l’idée d’une science acquise dans le temps par Jésus et d’une connaissance de prédestination ou d'élection dans le Père ; enfin on a pu trouver que le Fils révélait le Père aux hommes et non seulement lui-même, quoique la conclusion : «et celui à qui le Fils révèle », puisse très bien se rapporter aux deux propositions précédentes, à la connaissance du Père et du Fils, communiquée par Jésus !. Le rôle du Christ comme révélateur a plus de relief que dans la lecon commune, et la relation du Père et du Fils est moins accentuée dans le sens métaphysique. De part et d’autre le Christ est conçu comme médiateur unique de la révélation divine, et, en tout cas, la parole ressemble plus à une profession de foi chrétienne qu'à un enseignement du Sauveur. Il peut y avoir quelque témérité à vouloir prouver par ce passage * que la conscience de la filiation divine à précédé historiquement ou conditionné logiquement en Jésus celle de sa vocation messianique.
Après cette déclaration dont le texte est à peu près identique chez Matthieu et chez Luc, les deux évangélistes se séparent, le premier ajoutant un appel du Sauveur qui est ou qui semble d’abord sans parallèle, le second amenant ici une parole de félicitation que Matthieu a introduite dans le discours des paraboles, où elle n’est certainement pas à sa place.
1. Ilest possible cependant que la finale : « et celui à qui le Fils révèle », se rattache plus naturellement à la proposition précédente si c'est le Fils et non le Père qui est sujet de celle-ci. Irénée, qui a les deux leçons, blâme en un endroit les Marcosiens de suivre la variante, que lui-même adopte ailleurs.