Luc, v
2. J. Weiss, 521; B. Weiss, Lukas (Meyer °), 527. Le rapport avec v, 27-32 n'autorise pas l'hypothèse d’une source spéciale pour xv, 1-2, car ce dernier passage paraît dérivé du premier.
troisième parabole qu'aux deux autres! ; car les trois paraboles servent à expliquer pourquoi Jésus recoit les pécheurs, et l'introduction amène à cet effet pécheurs et publicains, et pharisiens pour se scandaliser. Mais à prendre cette donnée à la lettre, puisque ce sont les publicains qui cherchent Jésus, le reproche des pharisiens serait à peine fondé en fait.
Le Sauveur justifierait sa conduite à l'égard des publicains et des pécheurs par les sentiments de Dieu même à l'égard de ses enfants égarés : le Père céleste a grand désir de les ramener au bien, comme le berger souhaite ramener au bercail une brebis perdue; il les cherche avec le soin que met une ménagère économe à retrouver la pièce de monnaie qu’elle a laissé tomber dans sa maison: il les accueille avec une miséricorde infinie quand ils reviennent à lui, comme un père dont le fils coupable, mais malheureux et enfin repentant, vient implorer l'indulgence. Qu'on ne prétende pas fermer à personne l’entrée du royaume des cieux: ceux qui en paraissent les plus éloignés ne laissent pas d’y être appelés, et, s'ils veulent y venir, Dieu se réjouira de les y recevoir.
Marru. xvint, 10.«Gar- Luc, xv, 1. Cependant les publicains et dez-vous de mépriser au- les pécheurs venaient tous auprès de lui pour cun de ces petits; car je l'entendre; 2. et les pharisiens et les scribes vous dis que leurs anges, murmuraient en disant : « Cet homme dans les cieux, voient reçoit les pécheurs et mange avec eux. » constamment la face de 3. Et il leur adressa cette parabole, disant : mon Père qui est dans 4. « Quel homme parmi vous, ayant cent les cieux. 12. Que vousen brebis et en perdant une, ne laisse les semble? si un homme à quatre-vingt-dix-neuf dans le désert, pour
1. V. 59. eimev DÈ mods adrobc Ty raox6o\ny raÿrny vise le discours parabolique (cf. v, 36), plutôt que la première parabole, car il n’est pas possible de séparer celle-ci de la seconde (cf. Marrn. xx, 1, l'emploi de ëv rapafolais pour une seule parabole); et si cet exorde avait été écrit pour la troisième, rien n'empêchait de mettre mapafoht en le transposant.
cent brebis et que l’une s’en aller après celle qui est perdue, jusqu'à d'elle s'égare, ne laisse-t- ce qu’il la retrouve ? 5. Et quand il l’a trouilpaslesquatre-vingt-dix- vée, il la met sur ses épaules avec Joie, et neuf sur les montagnes, arrivé à la maison, il convoque les amis et Pour aller chercher celle les voisins, leur disant : « Réjouissez-vous qui est égarée? 13. Et s'il avec moi, parce que j'ai trouvé ma brebis lui arrive de la trouver, qui était perdue. » 7. Je vous dis que de Je vous dis en vérité qu'il même il y aura plus de joie au ciel pour un a plus de joie à son sujet seul pécheur qui se repent que pour quatreque pour lesquatre-vingt- vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin dix-neuf qui n’ont pas été de pénitence. »
égarées. 14. Ainsi n'est-ce
pas la volonté de votre
Père des cieux qu'un seul
de ces petits périsse, »
Dans les deux premières paraboles, Jésus interpelle directement ses auditeurs, en alléguant des exemples qui doivent leur être familiers : « Quel homme ! d’entre vous ayant cent brebis, etc. ? » Le propriétaire d’un tel troupeau nest pas du tout un homme riche, puisqu'il est en même temps son propre berger et n’a pas de serviteur pour couriraprèslabrebis perdue, ou rester,enson absence, auprès des quatre-vingt-dix-neuf?. La parabole est plus régulièrement développée dans le troisième Évangile que dans le premier: un homme a cent brebis, si l’une d’elles vient à s’égarer, le berger laisse le gros du troupeau dans le désert, qui est un lieu de pâturage, et court après celle qui est perdue. Ce berger serait plus qu'imprudent s’il devait être longtemps absent, mais on doit supposer que la poursuite dure au plus quelques heures. S'il retrouve sa brebis, il est tout heureux * et il la met sur ses
12 CE MÂvrne/virs-9> x, 11:
2, Jüucuer, Il, 316.
3. V. 50. Le mot yafswv, « gaudens », est omis dans quelques mss. latins ; ce mot, qui est dans le style de Luc (cf. x1x, 6; Acr. vur, 39), manifeste le sentiment qui pousse le berger à prendre la brebis sur ses épaules, et il ne faut pas chercher d'autres motifs à cet acte(cf. Is. xz,
épaules pour la ramener; rentré chez lui, il se félicite avec ses amis et voisins de l'avoir retrouvée. Ainsi en est-il dans le ciel quand un pécheur se convertit. C'est une âme perdue qui revient. Dieu et ses anges éprouvent, à la revoir, une joie toute particulière, qu'ils ne ressentent pas à l’occasion des justes, parce que ceux-ci ne leur ont donné aucune inquiétude.
Les ne. dont on parle sont les vrais serviteurs de Dieu : il n’entre pas dans l’objet de la parabole d'examiner qui ils sont; mais, toute considération théologique mise à part, il paraît bien risqué de soutenir que ces justes ont une existence purement hypothétique !, ou que Jésus ne parlerait pas de vrais justes et se moquerait des justes selon la Loi, parce que ceux-là, sans qu'ils s’en doutent, ont besoin de conversion ?. Les justes doivent être aussi réels que les pécheurs. Quand Jésus prononcça cette parabole, il ne se proposait pas de formuler une théorie du salut ni de présenter l'adhésion à sa personne comme une condition absolue de justice ; il suppose que beaucoup de ses auditeurs, Juifs exacts et de moralité sévère, peuvent être en règle avec Dieu ; ce qu'il affirme, c'est que les pécheurs convertis par son ministère procurent au ciel une Joie analogue à celle du berger retrouvant sa brebis perdue ?.
Luc, xv, 8. Ou quelle femme, ayant dix drachmes, si elle en perd une, 'alune la lampe, ne DÉie la maison et ne cherche avec soin Jusqu'à ce qu'elle la trouve? 9. Et quand elle l’a trouvée, elle convoque les amies et les voisines, disant : « Réjouissez-vous avec moi, parce que J'ai retrouvé la drachme que J'avais perdue. » 10. De même, je vous le dis, il y a a la joie parmi les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent. »
AE SLIx 22; Éz. xxx1v, 16). L’omission peut s expliquer par l'influence de a Steondé parabole, v. 9.