‹ Morceaux d'exégèseChapitre 94 sur 138 · Deur. xx · texte numérisé non relu

Deur. xx

3. 0 DÈ Duethsy œUTois Tv Blov, « il leur partagea le bien », ne signifie pas que les deux parts aient été égales et montre que la part de l'aîné a été fixée d’une façon définitive ; en pressant trop le texte, on peut lui faire dire que l'aîné a reçu sa part aussi bien que le plus jeune, et comme on ne voit pas qu'il l'ait dû rendre à son père ou quil l'ait provisoirement refusée, on en conclut que la dernière partie du récit, vv. 25-32, pourrait avoir été ajoutée après coup, puisque le père y est encore maître absolu dans sa maison (J. Wriss, 934). Mais l'attribution des parts peut justifier les termes employés, et il n’était pas nécessaire d'expliquer pourquoi l'aîné demeure vis-à-vis du père dans les rapports qui sontdécritsà la fin de la parabole mais supposés déjà dans les vv. 22-94.

réalise promptement ! toute ? sa fortune, qui doit être censée consister en argent et en objets de valeur, non en immeubles, et, pour échapper à la surveillance de son père, s'en va bien loin ?. Dans le pays où il s’est installé, il se livre à toutes sortes de débauches #. Le trésor emporté se vide rapidement. Bientôt le prodigue n’a plus rien. Survient une grande famine qui lui enlève Jusqu'à la ressource de la mendicité ‘. Il est trop heureux qu'un habitant de la ville où il se trouve consente à le prendre pour garder un troupeau de porcs dans la banlieue 6. Cet emploi, pour un juif, représente le dernier terme de l’humiliation. Cependant le malheureux n'a même pas l'avantage d'éviter ainsi le supplice de la faim. On accepte ses services, mais on ne les paie pas.

1. V.13. Peut-être doit-on lire, avec D, xat où mer mode muéouc (cf. Acr., 1, 5), au lieu de xai mer” où ro uéouc. En tout cas, il y a là une litote pour signifier l'empressement du prodigue à mettre la main sur son avoir.

2. suvayaywvy révra. Ss. ajoute sans nécessité : « ce qui lui revenait ».

3. amedmunsey eic ywouv waxoav. L'emploi d'une formule analogue dans Luc, xix, 12, n'autorise pas à supposer que l’on songe à l'Italie (opinion de Horrzman, 384). CF. Jüricuer, Il, 240.

4. Cüv aswrws. Ss. Sc. ajoutent : « avec des prostituées », d’après v. 30. L'’addition est inutile, mais conforme à l'esprit du texte. Le narrateur a mis ce propos hardi dans la bouche du frère mécontent et il ne donne aucun détail sur les débordements du prodigue, mais il en décrit soigneusement les résultats.

5. V.14. Ss. : « Et quand il eut dépensé tout son avoir, il y eut une famine en ce pays-là. » L'ancienne Italique ne suppose pas non plus isyvod après Aus. Ss. (et Sc.) a jugé inutile la remarque : «etilse trouva dans le besoin » ; mais l'indication n'est pas superflue, car c’est à cause de la famine que le prodigue ruiné ne peut pas vivre sur le commun ; il aurait pu le faire aisément sans cette circonstance.

6. On ne voit pas bien comment ces détails peuvent avoir rapport à la question des Gentils (Hozrzmanx, loc. cit.) ; mais on peut soupçonner que la description, où entrent certains des traits plus colorés que vraisemblables (par ex. v. 16), vient en grande partie du rédacteur. V. 25. roseubei détermine simplement le verbe ëxo}\#40n, et ne doit pas s'entendre d’un voyage. Pour la situation du propriétaire, cf. Marc, vie l4;

Ce n’est même pas lui qui donne aux pourceaux les gousses de caroubier dont on les nourrit. Sans cela, il en prendrait pour calmer, vaille que vaille, les tourments de son estomac vide !. De savoir comment il se trouve empèêché de prendre aux porcs quelques gousses de caroubier, et si ses compagnons auraient pu lui venir en aide, c’est ce qui importe peu au but de la parabole. Mais il faut avouer que le trait manque de vraisemblance.

Arrivé à cette extrémité, il rentre en lui-même ?,ilsonge, il se souvient. Un monologue représente le travail de sa pensée : là-bas, dans la maison paternelle, le dernier des mercenaires à du pain à satiété ; et lui, le fils, qui devrait manger à la table du maître, abondamment servi par les esclaves de son père, est ici mourant de faim. La situation matérielle des mercenaires, ouvriers libres pris à la journée pour aider les serviteurs de la maison, était moins bonne que celle des esclaves. Devenu mercenaire luimême, le prodigue se compare à ceux qu'il a vus employés dans la maison paternelle. Ceux-là, du moins, ont du pain *. Il faut partir #, et, pour être accueilli, se reconnaître coupable, demander pardon. Mais cet aveu, imposé

1. V.16. xai énebper yelouTav xothfay aûtoÿ amd Tüv xepariwvy. La leçon autorisée par Ss. Ital. et la plupart des mss. onciaux, paraît préférable à la leçon de K B D L, ëxeüuer /opracbvar Ex Tv xepatiov. Celle-ci paraît être une atténuation de l’autre (cf. Luc, xvi, 21). La crudité de l'expression donne à entendre que le malheureux n’a plus aucune délicatesse de goût et ne voudrait qu'assouvir sa faim. B. Waiss,

2. V. 17. eiç Éaurbv Dè ë0wv ne signifie pas que le prodigue se repent, mais qu il reprend possession de sa raison (cf. Acr. xn, 11).

3. Les pains que les mercenaires ont à leur disposition contrastent avec les gousses de caroubier qui sont refusées au prodigue.

4. V. 18. svaoris moseüsoua exprime cette résolution, le participe n'ayant pas de signification distincte (cf. supr, p.151, n. 6) ;iln'y a pas là d’allusion à la distance, ni à la faute commise, d'autant que celle-ci n’a ‘pas consisté dans le voyage et l'éloignement, mais dans la débauche et le gaspillage du bien paternel, È

par la nécessité, n'est-il pas réclamé aussi par la justice ? Le pauvre égaré comprend non seulement la folie mais l’indignité de sa conduite. En quittant sa famille et son pays pour se livrer à une vie désordonnée, il a plongé son père ! dans la douleur et il a offensé Dieu ?. Il ne demandera pas qu’on oublie ses fautes; il se déclarera prêt à les expier. Son père ne refusera pas de le prendre à gages e. de le traiter comme un étranger que l’on paie selon son travail. En disant qu'il ne mérite plus d'être appelé fils, il confesse qu'il n’a plus le droit d’être traité comme tel à.

Dans cette pensée il s’en va. Le voilà qui arrive à une certaine distance de la maison paternelle, et son père, qui l’aperçoit de loin, le reconnaît. Peut-être, au dernier moment, n'aurait-il pas osé approcher de ce père dont il a si mal reconnu l'affection. Mais le père lui-même accourt au-devant de lui, se jette à son cou, l’embrasse. Le fils commence sa confession : « Père, dit-il, j'ai péché contre le ciel et contre toi ; je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. » Maisiln’ajoute pas les paroles qu’il se proposait de dire encore : «Traite-moi comme un detes mercenaires “», non sans doute parce que l’accueil paternel lui

1. Dans la prière projetée, v. 18, et répétée v. 21, le mot « père » n'est pas employé pour justifier la demande du fils; 1l exprime simplement l'amour filial.

2, W.118-et v. 21 : «le ciel » représente Dieu, ce qui exclut l’identification du pue du prodigue avec le Père Léleste, Les formules eic roy oucävév, évwrtév couv ne marquent pas une différence dans le péché ; peut-être y a-t-il dans la seconde une nuance de respect (cf. supr. p. 143, n. 5), mais elle s'emploie en parlant des hommes/{cf. [ Sam, xx, 1, Sept.). « Devant toi » ne peut signifier ici : « à tes yeux, selon 4 jugement ».

3. V. 19. roinsôv pe ds Eva Tov puoblwy cou ne laisse pas entendre que le fils ne pourra pas être vraimentun mercenaire, mais indiqueseulement où vont les désirs du repenti. Jüricuer, Il, 349.

4. Les mss. x B D les ajoutent, d'après le v. 19; mais ce n'est pas sans raison que Luc les a omises ; elles sonneraient faux en cet endroit.

promet bien davantage !, mais parce qu'ilen est tout confus et s'arrête à l’aveu de sa faute, n'osant exprimer aucun désir ?. Le père, d'ailleurs, ne lui laisse pas le temps de les prononcer. Il a trop grande pitié de ce mendiant déguenillé qui est son ne Tous les esclaves, qu ‘on doit supposer être venus sur les pas du père, sont mis en mouvement pour le fils. Ce n’est pas assez de lui donner une tenue convenable. On va fêter son retour que le père semble avoir attendu impatiemment, bien qu'il y comptât si peu. Qu'on aille vite ? chercher dans le coffre aux habits la plus belle robe : le texte dit « la première », c'est-à-dire la plus précieuse, non son ancienne robe #, et l’on sait d’ailleurs qu'il avait eu soin d'emporter tout ce qu'il avait; qu'on le revête de cette robe de fête et qu’on lui donne aussi un anneau, des souliers, comme il sied à un fils de bonne maison. Et ce n’est pas assez dire, car le prodigue n’est pas seulement traité en fils, mais en hôte de distinction. Il y a un veau gras à l’étable

qu'on le tue promptement ?. Peut-on trouver meilleure

1. Augustin, Bède, Maldonat {qui admet que la demande a pu être répétée bien que l’évangéliste ne le dise pas), beaucoup de modernes.

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