ŒUVRES DE MOLIERE. — GEORGE D ANDIN
MORl'lAr l.E .IKrXE
séjour empesté des villes où végète le peuple laborieux et pauvre. II s’exerce .à la course avec les polissons du village, cl, naturellement, il obtient le prix. De cette scène, Moreau le .leune a fait un joli tableau rustique qui rappelle, très (idèlement, les paysans des Chansons de La Borde et de Laujon. C’est le village de Base et Colas, auquel s’adapte si parfaitement la musique de Monsigny. Tout y est du même factice, les arbres fruitiers, les plates-bandes du jardinier Robert, la haute futaie de la forêt de Montmorency, aussi bien que les chaumières du village, avec les paysans qui l’habiteut.
La seconde partie d’/f////7c, est plus abomlante encore en sujets toujours actuels, entr'autres, le Déjeuner siu‘ Chei'he et le Souper. L’artiste s'y jnoutre supérieur, parce qu’il a dessine, d(* mémoire, des scènes familières dont il liit souvent témoin. Ce Déjeuner sui' Cherbe est celui que l’on peut voir encore, les jours de fête, dans les environs de Paris, sur les bords de la Seiiu' ou de la Marne. Moreau u’a eu qu’à consulter ses souvenirs de jeunesse et se rappeler les ])arlics de campagne du dimanche, à l’atelier Le Bas.
Les eoiivives, jeunes gens et parents, sont adossés à un grand ai‘l)re. Une nappe, étalée sur le gazon, est chargée de victuailles et de verres ; (les bouteilles vides sont jetées (;ji et là, pendant f|ue d’autres rafraîchissent dans la rivit're. Le tableau est plein de bonne humeur mais il y manque une
philosophie, et nous sommes ehez un philosophe.
Il faut doue montrer les bienfaits de la vie champêtre et les bonnes pensées qu’elle inspire. Aussi, eomme par hasard, un paysan passe, revenant des champs, ses outils sur l’épaule ; on l’appelle, il s’approche et on lui « réjouit le cœur par quelques bons propos, par quelques coups de bon vin qui lui feront porter plus gaiement sa misère ».
L’autre sujet, le Souper, a été souvent traité par Moreau et l’a toujours bien servi. La scène se passe dans un intérieur modeste dont il ne faut pas aller ehercher bien loin le modèle. L’artiste l’a trouvé chez lui. Emile et son gouverneur, surpris par l’orage, ont demandé l’hospitalité à une maison dont le maître a véeu autrefois dans le grand monde et n’a gardé « de son ancienne opulence que la facilité de eonnaître l’état des gens dans leurs manières ».
Les voyageurs sont aceueillis, on se met à table pour souper et là, apparaît, pour la première fois, à Émile, la fille de ses hôtes, Sophie.
Bien que le maître de céans ait appartenu au grand monde, ce n’est point un repas somptueux, autour d’une table étincelante de lumière et de cristaux, éclairée par des girandoles ou des appliques. C’est la table bourgeoise, couverte d’une nappe dont l’un des coins est relevé par un nœud, pour ne pas traîner à terre. Tous les convives portent leur serviette attachée à la poitrine ; sur la table, un seul
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