ŒUVRES DE MOLIERE. - M. DE POURCEAUGNAC
plat, devant chacun une assiette, un morceau de pain, un verre. C’est la légère collation du soir, telle que l’ordonnait la coutume de l’ancien temps, qui la considérait plus comme un prétexte à conversation, que comme un plaisir de gourmand ou une nécessité d’aflamé.
La composition est éclairée selon le procédé familier à Moreau. Les llambeaux, posés sur la table, sont cachés par l’un des personnages debout et illuminent, par-dessous, toute la scène. De là, des contrastes d’un effet toujours sûr, obtenus ici, comme partout, par les procédés les plus simples, grâce au sentiment exquis des valeurs, cpii est le talent même de Moreau le Jeune.
Des Œuvi'es de J.- J. Rousseau au Monument du Costume^ la transition se fait toute seule. L’ordre chronologique n’a pas besoin d’être consulté, pour affirmer que l’un vient après l’autre, puisque, en y regardant d’un peu près , on s’aperçoit que tous deux sont nés, au moins pour Moreau, de la même pensée.
En 177.5, parut le premier fascicule d’une Suite d’estampes pour servir à l’histoire des mœurs et du costume des Français dans le xviiU siècle. A l'imprimerie de Prault. Suite appelée plus tard ; Monument du Costume. Cette publication qui, en réalité, aurait dû être datée de l’année précédente, avait pour éditeur un banquier suisse établi à Paris, rue de la Feuillade, Jean-Henri Eberts. Ce banquier était,
comme Ijeaucoiip de financiers d’alors, grand protecteur des beanx-arts, un peu graveur lui-même, auteur de quelques eaux-lbi-tes d’après des mythologies de Boucher.
L’ouvrage qu’il entreprenait, avait pour thème la Femme ^ sujet étemel, traité le plus souvent en satire dans les siècles j)récédents, mais qui devait l’être sérieusement, cette Ibis, à une époque où rien n’était plus sérieux que la femme. Cette suite d’estampes « olfrait la vie d’une jeune femme livrée jiiix amusements de la société, jusqu’à l’époque de la maternité ». C’était, en un mot, la journée d’nne Parisienne, depuis le Lever jusqu’au Coucher, en passant par la Promenade et le Bal, suite de tableaux à sous-enteudus, dont le succès est acquis d’avance. La Première Suite fut confiée par Eberts, à sou cornj)atriole Sigmund Freudenberger ou FreudeJjerg, qui dessina douze compositions. Elles n’étaient pas sans valeui*; d’ailleui's, le choix des sujets, le décor, le costume, devaient suffire à eu assurer la vente.
Cependant, l’ouvrage ne fut pas aussi goûté que l’espérait son auteur. Le discours préliminaire de la Seeonde Suite l’avoue sans détour. Eu annonçant que le nouveau fascicule avait été confié à Moreau le .leune, il ajoutait ces ligues signiiicalives : (( Nous nous llattous que le public recouuaitra la supériorité de cette seconde collection sur la première et rendra justice à nos cfibrts pour mériter son sulfrage et ses encouragements. »
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