‹ Moreau le jeune, 1741-1814Chapitre 24 sur 66 · ŒUVRES DE MOLIÈRE. — PROLOGUE DE PSYCHÉ · texte numérisé non relu

ŒUVRES DE MOLIÈRE. — PROLOGUE DE PSYCHÉ

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l’histoire d’un autre âge et que ses modèles et luimême ne parleraient plus de cette époque que comme du temps lointain où, en France, il y avait des Reines et des Dames du Palais.

Le Discours préliminaire de l’Éditeur avertit le lecteur qu’il trouvera dans cette Seconde Suite quelques personnages célèbres. Ces visages téminins se ressemblent tous dans leur jeunesse indécise, on aurait peine à leur donner un nom. Le médecin de la Déclaration de la grossesse pourrait, cepen- 'dant, être un portrait, celui de Théodore Troncliin, le médecin de Genève, le consolateur et le guérisseur de tout ce qui appartenait au grand monde et au monde de la littérature.

La Troisième Suite, dite du Petit-Maitre, |)réterait aussi à quelques hypothèses iconographiques. Ce grand seigneur, paré du Cordon de l'Ordre, (pii achève sa toilette pour prendre son service auprès du Roi, ressemblerait assez au due de Nivernais, l’ancien ambassadeur de Londrc's. C’était alors le représentant accompli de cette noblesse d’antrelois, caste de gentilshommes à la Ibis généraux d’armée, ambassadeiii’s, académiciens, peintres, [)oètes, pai‘tont modèles achevés d’cxcpiisc urbnnitc.

Le duc tle Nivernais était nui vcrsellement aime ])onr sa bonté et sa générosité inéj^nisablcs. Sa bienfaisance s’étendait à tons C(mi\ (pii, |)ar leur travail ou leur position, dé|)cndaient de lui. An moment on Moreau le .lennc dessinait la Suite du ITlit-

MOREAU LE .lEUNE

Maître^ il avait quitté le château de Saint-Maur pour habiter celui de Saint- Oueii dont il avait fait une des plus magnifiques résidenees des environs de Paris. Il y reeevait la société la plus diverse. On y rencontrait le marquis de Mirabeau, l’abbé Barthélemy, le président Hénault, Boufïlers, le duc de Brissac et, à eôté d’eux, des philosophes comme Diderot, des artistes eornine Garrick et Philidor. La vie qu’on y menait était la vie de château , telle que nous la montrent quelques-unes des planches de la Troisième Sin'tr : le matin, le déjeuner dans le belvédère du parc, la correspondance, les répétitions d’un opéra-comique dont le duc de Nivernais écrivait les paroles et la musi([ue; puis, après le dîner, la ])romenade dans le parc et la chasse dans la foret, ou, pour les invités tranquilles, la partie de whist dans les salons s’ouvrant sur les parterres.

Par moment, cette brillante compagnie cherchait à goûter les plaisirs des champs. On allait visiter les fermiers des environs, on prenait part aux jeux rustiques, au tir à l’arc ; enfin, ou goûtait cette douceur de vivre dont on ne connut jamais autant la plénitude que dans les années qui |)récédèrent la Révolution.

Moreau le Jeune a-t-il entrevu le duc de Nivernais dans quelques-unes des scènes de la journée du PetiL- M (litre ? On ne peut que le siij>poser. Mais il est certain qu’il l’avait coiiiiu.

Après avoir traversé la Révolution, protégé par le

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