‹ Moreau le jeune, 1741-1814Chapitre 25 sur 66 · ŒUVRES DE MOLIERE. — PSYCHE · texte numérisé non relu

ŒUVRES DE MOLIERE. — PSYCHE

vif

respect universel, le duc mourut en 1798. Or, Moreau le Jeune écri^’^ait à Augustin de Saint-Aubin, le 21 décembre 1796 : « M. de Nivernais est parfaitement content du portrait. Il prie M. de Saint- Aubin d’en accélérer la fin, et moi, serviteur du célèbre graveur, le supplie de luy destiner une demi-douzaine de ces estampes pour moi , poui* Mademoiselle Ozanne et quelques ofticiers de la maison qui en ralfolent et qui désu’ent la faire consacrer. »

Ce portrait avait été dessiné el gravé par Saint- Aubin, la meme année, pour paraître en tête des Mélangeai de Littérature en vers et eu f>rose, que le duc de Nivernais j)ubliait chez Didot; il devait èlre substitué au j)ortrait dessiné par Pedretti et gravé par Ileina, dont réditeui* avait orné les Fables de Maueiui- Xiveruais publiées dans le cours de la même année.

La partie iconographique de l’œuvre de Moreau le Jeune est peu considérable : environ cent cinquante portraits siii* les deux mille pièces de son œuvre.

Parmi les meilleurs de ces portraits, il faut citer d'abord, le médaillon de Joseph Vernet et celui de Gabriel Dumont, Parchiteele : ils sont tous deux datés de 1767. C’était l’image de deux amis qui seront, jusqu’à la lin de leur vie, mêlés à celle de Moreau le Jeune, et |)ar l’alfection el par d’étroits liens de famille. La finesse et la légèreté de l’eauforte en l'ont des œuvres chaianantes. Moreau le Jeune y a mis la ri*aîcheiir et rinexpérience de sa jeunesse. On en connaît mieux le prix quand on les eompai-e

à la série des portraits qu’il fit, à la veille de la Révolution, pour la Société Académique des Enfants d'Apollon.

Cette Société avait été fondée en 174^5 pour organiser des concerts, avec le concours de musiciens de profession et surtout de musiciens amateurs. Elle admettait, dans ses rangs, des artistes de tous les genres, des peintres, des dessinateurs, comme des compositeurs et des chanteurs ; aussi trouve-t-on, ])armi les noms de ses présidents, Cochin le fils, et Moreau le Jeune. Celui-ci dessina les portraits de neuf de ses collègues, entre autres Bréval, Chardini, Yalencieniies, peintre du Roi, Francœur, directeur de rOpéra, etc. Ces médaillons, qui semblent sortis du pliysionotrace, furent gravés, à l’imitation du crayon, j>ar Madame Lingée. Ils y ont perdu la finesse du dessin de Moreau. Pour la retrouver, il faut revenir aux portraits de Marie-Antoinette, qu’il s’est complu à graver quatre fois, en médaillons de souveraine élégance. C’était le temps où la Reine vivait au milieu de l’enthousiasme populaire; ils ont gardé (|uelque chose de tout ce que la Royauté représentait alors de jeunesse et d’espérance.

Il exposait, quelques années plus tard, au Salon de 1785, le portrait d’un médecin, que son mariage avec une nièce de Dominique Pineau, avait fait son allié. Ce médecin, au visage intelligenl et doux, était un philanthrope. Fin député à l’Assemblée eoustituante , il avait [)ioposé la suppression de

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