LA CONFIANCE DES BELLES AMES
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pour tous les artistes, comme s’il n’avait pas été un <les privilég^iés du talent et de la fortune. A mesure ([ue la Révolution poursuit sa route, Moreau l’accompagne pas à pas et il grave V Evénement arj'ivë aux Thiiillejùes, c’est-à-dire la charge du Royal- Allemand commandée par le prince de Lambesc sur d’inoffensifs promeneurs ; puis, l’année suivante, les vignettes du Pi x’cis de Rabaut de Saint-Étienne, et Mirabeau aux Champs-Elysées.
Enfin, en 1793, il fait paraître le Nouveau Testament., publié chez Pierre Didot. Cette série de gravures était commencée depuis plusieurs années, mais elle s’achève en 1793, sous la Terreur. C’est le moment cpie ehoisit Moreau pour exposer six des dessins des Evangiles. On peut croire à un acte de courage, à une protestation silencieuse contre les exécutions quotidiennes, à un rappel à la fraternité. Au contraire. Moreau se conforme, selon sa coutume, au goût du jour. 11 répond à la pensée des terroristes. Pour eux, le Clirist est le sans-culotte .lésus, type du révolutionnaire qui a voulu le bonheur de l’humanité. Eux aussi, veulent le bonheur de l’iiumanité et ils font tomber des têtes pour assurer cette félicité. Et, plus tard. Tunique regret des Conventionnels survivants, sera dans le mot d’Amar : « Nous n’en avons pas assez fait. Et j’en demande bien pardon à Dieu ! »
Si la Révolution avait fait perdre à Moreau le Jeune sa place de dessinateur du Cabinet dn Roi, elle
lui accorda, à cette époque, la faveur recherchée d’un logement au Louvre.
L’Assemblée législative avait décrété, le 12 août 1792, (( que le ministre de l’Intérieur ferait vider, sous trois jours, les logements du Louvre occupés par des particuliers privilégés, qui servaient dans la Maison du Roi, et qu’il n’y serait logé, à l’avenir, que les artistes et les fonctionnaires publics qui y logeaient actuellement. »
Ce décret visait une foule d’attachés à la Maison du Roi, qui peuplaient ce palais sans aucun titre, ou en vertu de brevets donnés, jadis, à des serviteurs dont les descendants perpétuaient leur habitation dans les maisons royales. Le décret ne touchait qu’eux seuls. Mais, pour éviter toute confusion qui eût lésé les artistes ou les savants, l’Assemblée prenait, quatre jours après, le 16 août, un décret qui précisait sa pensée. « L’Assemblée nationale, considérant que, dans le décret qui presciât à toutes les personnes logées dans le Louvre d’en sortir dans les trois jours, elle n’a pas eu l’intention de comprendre les savants, les artistes, les conservateurs ou gardes des dépôts nationaux, dont les uns ont reçu leurs logements comme une partie de leur traitement ou une récompense personnelle de leurs traAaux, et les autres y sont employés à un service public, et qu’il importe de prévenir les effets d’une extension donnée à la loi contre le vœu même de l’Assemblée, décrète ce qui suit :
(KUVRES DE J. -J. ROUSSEAU. — LA NOUVELLE HELOÏSE