MUSCLES ADDUCTEURS DES VALVES ET RÉTRACTEURS DU PIED
Le muscle adducteur est très puissant, cylindrique; il a ses fibres parallèles et, sur les animaux conservés, elles paraissent extrèmement robustes et sont devenues très résistantes.
Ce muscle s'attache sur les valves, plus près du côté du bord libre
que du côté des crochets. Il est situé presque au milieu de la longueur totale du corps et ce fait a frappé tous les observateurs.
On doit remarquer que sa puissance très grande, est encore favorisée par sa position et son insertion, et qu'il est fortement aidé dans ses fonctions d’adducteur par les muscles palléaux puissants, formant une bande ondulée, au-dessous des festons du bord du manteau, ainsi que M. VaicLanr l’a déjà remarqué.
Il est placé de telle sorte que tous les viscères sont au-dessus de lui, tandis qu’au-dessous, on trouve la partie inférieure des cavités pré et post-branchiale, en même temps que l’orifice de communication de la chambre anale et de la cavité post-branchiale.
Le rein repose immédiatement au-dessus, en arrière et un peu en avant sur le milieu. La glande génitale se trouve sur la ligne médiane, entre les deux masses principales du muscle rétracteur du pied,
La position presque médiane de ce muscle et la situation des viscères au-dessus de lui, amènent la formation de ce que les auteurs ont appelé le sac viscéral et de ce que, depuis bien longtemps, j'ai nommé masse viscérale ou splanchnique. Le bas de l'animal est tout entier occupé par les parties des cavités respiratoires, antérieure, moyenne et postérieure, dont les parois sont épaisses et résistantes. C’est l'existence de ces cavités qui a entraîné les auteurs dans les suppositions qui sont combattues ici.
Du reste, il faut remarquer, que lorsque le muscle adducteur supérieur disparaît, c’est autour de l’inférieur, qui prend un développement considérable, que viennent se grouper comme autour d’un centre d'action, toutes les particularités et les anomalies. On trouve là, un exemple de ce que GEorrroy SaINT-HiLaiRe aurait appelé le balancement des organes.
— Le Muscle rétracteur inférieur du pied est également très puissant. Il est formé de deux masses à peu près coniques, dont les bases ou surface d’adhérence viennent se placer au-dessus des bases du muscle adducteur. Fixé à côté et au-dessus de l’adducteur, ces deux
masses musclaires se dirigent vers la base de la cupule du pied et
du byssus ; l’action de chacune des masses musculaires se traduirait, si elle était unique, par une traction latérale, tandis que l’action des deux à la fois a pour effet de portertout le corps vers le point où sont fixés les nombreux filaments du byssus.
Dans cette action des deux muscles, il doit y avoir rapprochement des deux valves. On comprend dès lors, combien forte. doit être la puissance de la Tridacne qui ferme sa coquille, puisque, muscle adducteur, muscles palléaux et pédieux, concourent au même but.
Une observation, qu’on pourra faire en examinant les dessins, est la différence que présentent les rapports intimes des deux muscles chez les divers individus. Dans quelques cas, on voit les deux masses musculaires ne présenter qu’une même figure pour la surface d’insertion ; les deux muscles semblent confondus en un seul paquet, et leurs deux valves réunies ne forment qu’un cercle ou qu’un ovale; on croirait, à ne considérer que la surface d'insertion, qu'il n’y a
qu'un muscle. D’autrefois (fig. 1, pl. Let fig. 10 et 16. pl. III et IV) la ligne de séparation très nette, profonde même, sépare les deux bases voisines, et la distinction des deux muscles est facile et s’impose.
C’est surtout sur lestrès jeunes individus (m. B. et m.ad. inf., fig. 3 et 4, pl. I) que la séparation des deux muscles est évidente. Leur surface d'insertion est à très peu de chose près un cercle régulier. On voit, de chaque côté, sur le manteau deux petits cercles qui ne sont pas même tangents, placés l’un au-dessus de l’autre et d’une teinte un peu différente.
Les figures de la planche I sont très démonstratives et quand on se rapporte au mémoire de M. le professeur GRoBBex, on se demande si la figure qu'il donne de son espèce indéterminée de la mer Rouge n'est pas l’image d’une très jeune T. elongata. Cependant, il reste un doute, les caractères distinctifs des espèces n’étant pas suffisamment indiqués.
IL était utile de signaler les très grandes différences que peuvent
présenter les deux muscles dans leurs rapports, différencés qui ter-
RE ER amas de RÉ
tainement tiennent, ou à l’état variable de la contraction qui est parfois extrêmement violente, ou bien à l’âge.
— On a parlé d’un muscle pédieux, dit supérieur ou antérieur, suivant qu’on pose Panimal de telle ou telle façon.
Chez beaucoup d’Acéphales chez qui la locomotion est active et s’accomplit à l’aide de pied, les deux muscles pédieux sont très évidents et, à très peu de chose près, égaux de force. Ici le muscle pédieux inférieur est énorme, mais celui qui lui est opposé, et par conséquent supérieur, est fort difficile à trouver.
M. VarcLanr l'indique, mais ses figures ne sont véritablement pas faciles à interpréter, et le muscle est très difficile à reconnaître, à la fois, sur les planches de son mémoire que sur la nature même.
Dans ce travail, en effet, aussi bien dans le texte que dans les planches, j'ai vainement cherché le muscle rétracteur releveur du pied, celui que, dans la position donnée aux animaux, je nomme supérieur. Je n'ai pu trouver que ceci (page 99) : « Les protracteurs « sont beaucoup plus petits; ils s’insèrent à la coquille dans la région « cardinale au-dessous de la dent principale ou de la fossette qui
« y correspond sur une surface rugueuse située en dehors de l’im-
« pression palléale et très facile à reconnaitre... » . € De là, les fibres vont au pied et le contournent en se mélangeant avec celles du côté opposé... »
M. GroBsex donne, dans l’une de ses planches, une figure sur laquelle on voit un très gros filet qui est noté comme étant le muscle protracteur.
La cavité d'insertion que M. Varccanr indique, est très facile à trouver : mais, on est frappé de la différence qui existe entre la cavité rugeuse d'insertion du muscle et la gracilité du filet qu'indique le professeur GROBBEX.
J'ai cherché à faire la dissection de ce muscle, et j'ai éprouvé de l'embarras. Sur les gros échantillons, les tissus sont épais et le durcissement, par suite du long séjour dans l'alcool, offre de grandes difiicultés. Ban | LA
Quand il s’agit de découvrir un musele qui a un point d’attaché sur une partie solide comme une coquille, on peut, d'ordinaire, partir du point d'insertion. lei la petite fosse rugueuse, très facile à voir et à reconnaître telle que l’a indiquée M. Vaizzanr, n'offre pas de faisceaux musculaires caractérisés.
La description qui en est donnée, par les malacologistes qui ont étudié les Tridacnes, n’est pas d’ailleurs, d’une clarté très grande. Si le muscle protracteur du pied part de la cavité sous-cardinale, comme l'indique M. Varzzaxr, il doit passer à côté de la bouche et du court œsophage pour gagner la partie supérieure ou dorsale du pied. Je n'ai jamais trouvé sur mes échantillons deux paquets de fibres correspondant à la description donnée. Entre la face dorsale du pied et la bouche, au devant de la bosse splanchnique, séparant la bouche et l'organe locomoteur, j'ai bien rencontré, au-dessous de la peau; des fibres musculaires descendantes et se distribuant au pourtour dela cupule pédieuse, mais, je n’ai pas réussi à voir deux paquets bien formés comme on les trouve dans tant d'espèces d’Acéphales.
Je ne nie point l'existence de fibres motrices destinées à l’organe de la locomotion, puisque celles que j'ai trouvées doivent servir à le déplacer, mais ces déplacements ont bien peu d'importance; peutêtre, sur des exemplaires moins durs, les muscles pédieux protrac-
teurs seraient-ils plus faciles à découvrir.