COQUILLE
On vient de voir que la lunule, formant un orifice très caracteristique par le rapprochement des deux valves dans les Tridacnes, était
1 (Voir les ouvrages de conchyliologie. Par exemple, Le règne animal de Cuvier, grande édition illustrée).
Fiscuer, dans son traité de conchyliologie, dit textuellement, page 1035: « Coquille différente de celle des Tridacnes par son côté antérieur non baîllant, tronqué, caréné et formant une large lunule, »
ici, remplacée par une fente, conséquence d’un renversement un peu en dehors du bord faisant suite à l'articulation.
En écrivant ceci, je n’ai à ma disposition qu’un dessin d’une valve droite de l'animal qui a permis de recueillir les quelques faits anatomiques qui vont suivre f,
Voici les différences qu'il m'est possible de trouver entre mon dessin d’'Hippope et une coquille de Tridacne que j'ai sous les yeux :
Le crochet descend, presque à la réunion du tiers inférieur avec les deux tiers supérieurs, de toute la longueur du bord antérieur. Son crochet est caché sous le rebord de la lamelle qui forme la paroi de l’orifice du pied ?.
L’angle de 1109 indiqué comme étant formé par la partie cardinale et la partie lunulaire, chez les Tridacnes, n'existe pas. Ces deux parties sont ici presque en ligne droite.
L’étendue du ligament et la partie qui porte les dents de la charnière sont très grandes, toutes proportions gardées. Commençant au crochet et s’élevant très haut, elles mesurent presque la moitié de la longueur de la coquille.
La partie umbonale est beaucoup plus profonde que dans la Tridacne. On verra que les viscères sont, dans l'Hippope, plus volumineux et arrondis que dans la Tridacne, ce qui explique cette profondeur du ventre.
Cette description, très succincte et d’une partie seulement de la coquille, me paraît justifiée par ce fait, qu’elle est en rapport avec les dessins de l’animal qu'ont donné Quox et Gaymarp dans le magnifique atlas du voyage de l’ASrROLABE.
Les dents saillantes des festons sont infiniment moins allongées et surtout moins pointues que dans les Tridacnes: les échancrures sont
aussi bien moins profondes.
1 La coquille qui m'avait servi à faire ce dessin, que je crois exact, disparut dans un incendie qui se produisit dans mon ancien laboratoire de la Sorbonne. Les pompiers inondèrent tout, et l’on jeta dans la rue les objets détériorés par le feu et l’eau, la coquille était du nombre.
? Sur les dessins du Règne animal illustré de Cuvier, les crochets se trouvent à peu de chose près à moitie de Ja hauteur de la coquille.
Il ressort donc de cette description, en admettant que mon dessin soit exact, que la lunule est bien plus basse dans l’'Hippope que dans la Tridacne. Comme la bouche est toujours immédiatement au-dessus du bord supérieur de la lunule et en face du crochet si l’on admettait le retournement de l’animal, il serait encore bien plus marqué dans l’'Hippope que dans le genre précédent !.