MANTEAU
Une observation générale doit être faite tout d'abord, en ce qui concerne les parties molles :
Les deux échantillons que j'ai eus en ma possession n’ont pas présenté cette rigidité que l’on rencontre sur les Tridacnes plongées vivantes dans l'alcool et qui ont même conservé, sur leurs festons palléaux, une belle couleur vert foncé.
Dans l’Hippope, du moins sur mes spécimens, les tissus sont mollasses, mais en très bon état, les rapports, les formes des organes sont évidemment conservés. Le maniement des échantillons est plus facile que celui du matériel de Tridacnes et l’on en écarte les parties sans difficulté.
Le manteau est grand et offre la même disposition que celle qui a été décrite en détail chez la première espèce. (Fig. 26, pl. VII).
Ses bords, en avant comme en arrière et en bas, sont unis par de larges membranes transversales établissant les soudures.
En haut et en avant, dans toute l'étendue qui correspond à la région cardinale de la coquille, la fusion des deux lobes amène la formation d’une crête reproduisant les anfractuosités de la région cardinale. |
Les bords postérieurs, correspondant au limbe dentelé de la
coquille, sont terminés en bourrelet offrant les mêmes ondulations
1 Voir le bénitier de Saint-Sulpice que M. Fiscner rapporte au genre Tridacne,
que le reste. Mais, comme on l’a remarqué, ces bourrelets ne sont pas couverts de ces verrues régulièrement colorées, regardées chez les Tridacnes comme étant des yeux.
Sur leur face extérieure, les deux lamelles indiquées comme étant en contact avec la coquille ne m'ont pas paru bien évidentes ; ce qui tenait sans doute à l’état de l'échantillon.
Par contre, la bande produite par la saillie des extrémités des paquetsde fibres musculaires palléales qui sont très marquées et saillantes (plus que dans la Tridacne) constitue un muscle qui doit aider puissament aux contractions.
On a vu que les échancrures des bords libres de la coquille étaient moins profondes ici que chez la Tridacne. Naturellement, il en est de même des bords correspondants du manteau.
Il m’a paru que le nombre des dentelures, qui est assez ordinairement de 6 à 7 chez la Tridacne, pouvait s'élever ehez l'Hippope en comptant les petites échancrures du haut et du bas, à une dizaine environ.
Sur les dessins du voyage de l’AsrroLABe, l’on voit que le baïllement de l’animal est très étendu, et que la membrane, allant d’un bourrelet à l’autre du manteau occupe une très grande place. Comme tous les caractères de l'animal décrit, paraissent se rapporter à l’Hippope de de Lamarck, on doit préjuger que la membrane postérieure du manteau n'est point courbée et qu’elle offre, au lieu de gouttière, une surface à peu près plane.
Sur cette membrane, dans le plus beau des deux échantillons que j'ai étudiés, on voit des stries longitudinales ayant conservées une très légère teinte jaunâtre, mais très effacée.
En haut, cette membrane d'union s'arrête à l’origine de la charnière, la créte molle cardinale. En bas, elle se continue avec la partie unissant les deux bords antérieurs du. manteau et remontant jusqu’à la terminaison inférieure de la crête cardinale.
Tout à fait dans le bas, de l'extrémité inférieure de cette sorte de
sac, elle s’unit intérieurement à une cloison qui lui est perpendi-
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En remontant jusqu'aux crochets, cette membrane présente deux grands orifices comme chez la Tridacne ; un inférieur, pour l'entrée de l’eau, un antérieur et médian, pour la sortie du pied. (Fig. 26, pl. VID).
En décrivant cette membrane unissante, les limites du sac palléal sont elles-mêmes fixées ; voyons maintenant quelles sont les particu-
larités des cavités qu’elle limite.
Chambre anale ou Egout collecteur.— Cette chambre postérieure est limitée en avant, comme dans la Tridacne, en haut, sur son milieu, par le foie, un peu plus bas et de chaque côté, par les glandes génitales, ensuite par le péricarde, le corps de Bojanus, enfin par le muscle adducteur des valves, sur le dos duquel descend le rectum. Sous ce dernier, on trouve la cloison la séparant de la chambre postbranchiale.
Sur les côtés, les limites de la chambre anale sont formées par le manteau, tout du long des parties bordées par le feston marginal libre ; en arrière, par la membrane unissante des deux lobes.
Les détails de la cavité sont à peu près semblables à ce que l’on'a vu chez la Tridacne.
Les seules différences sont les suivantes :
Au-dessus du foie, dans le haut, le cul-de-sac terminal est étroit et se porte moins vers l’avant; au contraire, sur les côtés, il est plus étendu, et les culs-de-sacs latéraux sont très profonds. Cela devait être, puisque les valves de la coquille entraînent bien plus loin les lobes palléaux, et la membrane unissante qui, était horizontale, n’est plus modelée en gouttière.
L'ouverture de sortie est, comme chez la Tridacne, vers le milieu de la longueur de la membrané unissante, mais elle ne m’a pas parue être située au sommet d’uñ mamelon et elle est simple.
Enfin, sur l’un des deux échantillons que j'ai eus en ma possession,
il y a un second orifice circulaire très simple et placé très bas. Les bords réguliers ne paraissent pas être dus à une déchirure; cependant, avant d'admettre que la chambre anale présente deux orifices, l’un moyen, l’autre inférieur, il serait utile de constater le fait sur plusieurs animaux; cette partie du corps, dans le second individu ayant servi à ce travail n’était pas dans un assez bon état pour permettre de trancher la question.
L'ouverture d’entrée dans l'égout collecteur n'offre rien de spécial ; elle est très grande, beaucoup plus que chezla Tridacne, mais, encore une fois, il faut remarquer que les échantillons sont mous, flasques,
et non contractés.
Chambre probranchiale où antérieure (fig. 26, pl. VII.) — Nous trouvons ici les mêmes organes que chez la Tridacne. Nous rencontrons, en particulier en haut, et sur la ligne médiane, la bouche cachée sous la très courte partie du manteau qui descend au-dessous de la crête cardinale.
La paroi antérieure présente une assez grande étendue transversale et deux très grandes ouvertures, l’une supérieure, celle du pied ayant, tout au tour un bourrelet épais couvert d’élévations dont la nature n’est pas facile à reconnaître. Ce gros bourrelet est interrompu juste au milieu et en face de la bouche ; là, dans une très courte étendue, il ressemble à un gros cordon.
L'orifice inférieur, est allongé et présente sur ses bords, chez les individus observés, quelques appendices lamellaires, qui m'ont paru simples et non ramifiés comme dans la Tridacne. Il remonte très près de la portion inférieure de l’orifice pédieux (or. insp., fig. 26, pl. VIP.
Sur la face postérieure, on voit successivement, de haut en bas, la bouche recouverte par ses voiles labiaux arrondis, le pied fendu, mais sans byssus ; au-dessous de lui, la membrane interbranchiale, formée par l’union des deux extrémités des branchies, enfin, la membrane qui la sépare de la cavité post-branchiale.
Des deux côtés de la ligne médiane, on trouve encore, de haut
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en bas, les lèvres arrivant aux tentacules buccaux et aux extrémités supérieures des branchies; les branchies, le voile interbranchial, cachant avec les branchies les parties antérieures des glandes génitales, les corps de Bojanus et, plus bas, le muscle adducteur des valves.
Tout à fait sur les deux côtés, les diverticules de cette chambre s’enfoncent beaucoup, se portent en arrière, en contournant les organes et viennent au contact de la membrane mince, qui les sépare de la chambre anale, ou égout collecteur.
- [ne faut pas oublier que, sur les côtés, se trouvent encore les corps de Bojanus et les glandes génitales et que tout à fait dans le haut cette cavité antérieure présente deux culs-de-sac, un à droite etl’autre à gauche, séparés sur la ligne médiane par la crête cardinale.
Enfin, et ceci est très important, il faut remarquer que, de chaque côté des branchies, l’on trouve, en dedans et en dehors de chacune d’elles, la membrane qui recouvre les deux prolongements en culde-sac de la chambre post-branchiale et qui sépare cette chambre
moyenne de l’antérieure.
— Quand on ouvre le manteau en avant, l'impression qu’on éprouve est que cette chambre antérieure ou pro-branchiale est beaucoup plus vaste chez l’Hippope que chez la Tridacne. (Dans la fig. 26, pl. VIT, elle est limitée par la membrane marquée par la lettre à plusieurs fois répétée qui constitue sa paroi en arrière.)
Cette impression tient, à ce que les culs-de-sacs latéraux de la chambre se portent sur les côtés des organes, lesquels prennent laté-
ralement une grande proportion.
Chambre post-branchiale ou moyenne. — Cette chambre est la plus compliquée. Sa description étant, toutefois, à peu près semblable à celle qui a été donnée précédemment, on peut la résumer ainsi :
Elle est comprise entre les organes si souvent énumérés, formant la
massé viscérale : En arrière et en haut, les glandes de la reproduction;
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plus bas, les extrémités latérales du péricarde et le corps du Bojanus ; vers le milieu, le muscle adducteur : en avant, les faces postérieures des branchies et les membranes qui les unissent entre elles ou avec le manteau. (Dans la figure 26, pl. VII, elle se trouve délimitée en avant par la lettre d, plusieurs fois répétée, et en arrière par la lettre @).
En bas, elle est simple: Elle est comprise, entre la fin des branchies portées par les replis falciformes sur le devant de l’adducteur, la lame d'union interbranchiale la séparant de la chambre antérieure, et, enfin en arrière, la lame, percée d’un très long orifice, qui la met en communication avec l'égout collecteur où chambre anale. Sur les individus, à tissu mollasse et relâché, on ne distingue pas la forme d’un orifice, ce qui pourrait faire supposer que celui que lon a décrit chez la Tridacne, était dû aux contractions des parois fortement musculaires et contractiles.
On n’a pas oublié que les deux branchies, pour chacun des côtés de l'animal, sont portées par une lame musculaire s’élevant dans le fond de l'angle dièdre formé par l’union du corps et du manteau, et que cette lame remonte, du bas de la face dorsale des replis faleiformes, jusqu’à l’extrémité supérieure des branchies.
De la sorte, la cavité post-branchiale, au-dessus du muscle adducteur, se trouve partagée en quatre culs-de-sacs longeant le dessous, ou mieux l'arrière, de chacune des branchies.
Cette disposition est identique à celle qu’on observe chez la Tridacne. Mais, dans cette dernière, on trouve, sous la membrane unissant les branchies et formant manchon à la base du pied, un arrière-fond ou cul-de-sac borgne, impair., Aussi a-t-on vu que chez elle, il fallait distinguer cinq culs-de-sacs supérieurs, au-dessus du muscle adducteur. Comme dans lHippope, l'on ne retrouve pas ce cul-de-sac médian, il n’y en a donc que quatre culs-de-sacs latéraux et sous-branchiaux.
Les culs-de-sacs supérieurs sont destinés à recevoir l’eau qui a
traversé les parties correspondantes des branchies et à la conduire
dans la cavité commune et simple pour, de là, passer dans Fégout
collecteur.