I. Matthifv, vm, .t-io, i
a. Le mot grec, pais, peut s'entendre d'un (ils ou d'un serviteur; Luc, vi. a, a mis a serviteur », et Jean, iv, 46, a mis a lils », ce qtii parait Olre le sens de Matthieu.
en Israël »... Et Jésus dit au ceuluriou : a Va, qu'il t'arrive selon que lu as cru ». Et l'enfant fut guéri à cette heure.
Le récit dit qu'un officier païen dont le fils était gravement malade est venu demander à Jésus la guérison de son enfant, et qu'il a prié le Christ de ne point se déranger à cet effet, vu que son autorité sur les esprits lui permettait daccomplir la guérison à distance par la vertu de sa volonté, tout comme le centurion lui-môme manœuvrait ses hommes à son gré. Aucun juif, remarque Jésus, n'avait témoigné pareille foi en son pouvoir ; et la guérison se fait à Tinstant même. Il est sous-entendu que les païens, plus dociles que les juifs à la prédication évangélique, sont sauvés par Jésus, qui n'est pas venu chez eux en personne. Ce symbolisme est loin de garantir l'historicité du fait ; mais le sens apparent et littéral de la narration est parfaitement clair.
Et l'on veut maintenant que Jésus ait canonisé dans la personne du centurion les militaires et leur état. Jésus, dit-on, accueille le centurion : c'est qu'il ne réprouve pas la profession des armes. — Mais n'a-t-il pas accueilli de même, si l'on en croit le livre saint, beaucoup de prostituées et de publicains ? Faudra-t-il en conclure qu'il approuvait le négoce des unes et les rapines des autres ? — Le Christ, reprend-on, a dit au
riche do renoncer à ses richesses, il ne dit pas au centurion de quitter son service. — On oublie ciue le riche a demandé à Jésus ce qu'il fallait faire pour posséder la vie éternelle (i), et que le centurion ne consulte aucunement le Christ sur la question du salut ; il sollicite la guérison de son mahule, et le récit n'a pas d'autre objet ijue cette guérison ilemandéo et obtenue. Les évangélistes n'en étaient [)as à commelti-e le fier anachronisme où l'on tombe en prétendant faire régler par Jésus vivant les conditions et formes de l'admission des [>aïens dans la communauté chrétienne. Le centurion ligure les convertis du paganisme, mais on ne le présente j)as lui-même connue converti à rÊvangile. Dans la i>ei'spective du récit, le centurion croit simplement au pouvoir miraculeux de Jésus, et le commentateur n'a pas à chercher plus loin. — On insiste et l'on dit que le Christ a loué « les paroles de discil)line » prononcées par le centurion, qu'il les (( aduiire » et ne se contente pas de les « faire siennes » en ne les blAmaut pas (2). — Et c'est un autre contresens. Jésus loue et admire la foi de cet homme ([ui croit que les maladies, les esprits qui les produisent et cpii les retirent, obéissent à l'onlre du thaumaturge comme des soldats bien disciplinés. Ce n'est donc pas la