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foi un réconlorl spirituel, qu'il « vit île la toi », comme dit l'Ecriture, et que la loi, par conséquent, lui est d'un avantage inestimable dans la vie. Seulement celtt; expérience de la toi se peut taire et se fait sur des croyances très diverses, en sorte que, à y bien regarder, elle ne prouve la valeur absolue d'aucune. C'est ce qu'entrevirent les théologiens olliciels de l'Eglise romaine, et, sans égard aux sentiments catholiques des apologistes if/inianentistes et pragmatistes, ils n'hésitèrent pas à condamner leur principe, qui, si vrai qu'il lut à sa manière, était subversil ilu catholicisme. H ne sullisait point que ces penseurs témoignassent c|ue leur expérience les li\ait dans l'Eglise ; qu'ils sentaient, qu'ils c[)rouvaienl, qu'ils voyaient du plus profond de leur àme la [)réscnce réelle du Christ dans l'eucharistie, l'infaillibilité du pape, l'historicité de la Bible, la conception virginale du Christ et tous les dogmes définis par l'Eglise. Ce qu'ils prétendaient expérimenter aujourd'hui, (jui pouvait garantir qu'ils l'expérimenteraient demain? Et s'ils avaient, eux personnellement, cette prétendue expérience, n'était-il pas trop clair que d'autres pouvaient ne pas l'avoir, et qu'ils ne l'auraient pas, qu'il manquerait demain à celui-ci l'expérience intuitive du mystère de la Trinité divine, à celui-là rex[)érience de la rédemption [)ar la mort tlu Christ, h tel autre celle de la vérité historique de l'Ecriture ? On
referait donc, au sein de l'Eglise romaine» la Babel théologique du protestantisme. Devant cette perspective inquiétante, Home déclara nettement qu'à la règle extérieure de la foi, qui est le dogme traditionnel, correspond un critérium extérieur de sa vérité, la certitude extérieure, rationnelle, résultant de miracles visibles, par lesquels a été autorisée dès l'abord une révélation extérieure aussi. En ce mécanisme surnaturel consiste la preuve de la foi. Le catholique ne doit pas croire pour avoir intimement éprouvé et réalisé la vérité de ce qu'il croit ; il doit soumettre son intelligence à l'enseignement d'une Église instituée par Dieu pour réglementer la pensée des hommes touchant les choses de la croyance.
Peu importe que le système soit caduc, ruineux et même déjà ruiné; à l'égard de ce catholicisme officiel et théologique, ceux qui entreprennent de restaurer l'apologétique de Timmanence et du pragmatisme sont des hérétiques inconscients ; ils plaident la vérité d'une doctrine qui les condamne. Quelqu'un sans doute l'aura fait, après coup, remarquer à l'apologiste qui a écrit le Sens de la mort, car le même apologiste a cru devoir s'expliquer discrètement sur ce point dans la préface qu'il a écrite pour le Voyage du Centurion. « Il est certain, dit-il, que la vérité n'a pas pour mesure l'utilité ; il n'est pas moins certain que l'utilité reste une présomption de vérité, en
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sorte que le prai^matisme, erroné en ttinl (jue pliiloso[)lne ilclinitive », — distinction scolaslique où apparaît une scrupuleuse intention d orthodoxie — t est tri'S léjfitinie en tant que nicthode et que coniniemement d'enciuôte... C'est une première étape à laquelle une Ame sincèrement reliji^ieuse ne i>eut i)as se tenir. L'action ne lui sullit pas. Ou i)lutùl l action, [)our elle, n'est cpiun symbole d'une réalité spirituelle que cette Ame a besoin d'atteindre... Vérité vivante qu'il faut sentir en môiue temps qu'on la comprend. » — L'on ne voit pas bien clairement ce que peut être cette « action » qui est « un symbole »; mais il est trop évident, liélas! (jue le romancier n'a reculé devant le fossé béant du pragmatisme que pour se précipiter la tète la première dans l'abime insondable de Timmanentisme. On avait pensé lire et on avait lu dans le Sens de la mort que le l'ait d'adapter riiomme à son devoir devant le trépas était une preuve ex[)érimentale de la vérité chrétienne. L'auteur, averti du danger qu'il court du côté du pragmatisme, se reprend pour nous dire que cet argument d'utilité n'est pas décisif et que la preuve péremptoire est la réalisation personnelle de cette utilité, l'expérience intime de la croyance catholique. Mais ra[)ologétique de l'immanence, de l'expérience intérieure, est aussi bien condanmée que celle du [)ragmatisme, de l'utilité véritiée, par TEncycliciue Pasccndici par le symbole antiuioderniste de Pie X.
Il semble d'ailleurs que le romancier apolopsle joue de malheur avec le pragmatisme. Il a cité le grand docteur pragmatiste, William James, disant que notre « moi supérieur » — c'est-à-dire notre personne morale — « fait partie de quelque chose de plus grand que lui, mais de môme nature; quelque chose qui agit dans l'univers en dehors de lui, qui peut lui venir en aide » ; et il a cru pouvoir traduire ce « quelque chose de plus grand » par « Dieu le Père tout-puissant » (i). Or, l'appel à William James est d'autant plus inopj)ortun que le même philosophe, dans ce même ouvrage de V Expérience religieuse, nu peu après le passage qu'on vient de voir, professe que « la philosophie de la religion devrait accorder plus d'attention qu'elle ne la fait jusqu'à présent à l'hypothèse jo/araZis^e », c'est-à-dire à «une sorte de polythéisme », doctrine qui n'est pas du tout celle du Symbole des apôtres. Et pour ce qui est de la vie future — l'article de foi que le Sens de la mort veut démontrer par le pragmatisme — William James se défend de la postuler comme une croyance autorisée par son utilité. « Si l'on va, dit-il, au fond de la question, il faut bien s'avouer que le monde invisible ou surnaturel, que la religion suppose, ne nous garantirait, s'il était réel, la permanence d'aucun fait concret », — c'est-à-dire d'un fait tel que notre existence indi-