LA PROVIDENCE A L'HOMME
Peux-tu craindre que je t'oublie, Homme, roi de cet univers ?
Crois-tu que ma vertu sommeille ?
Non, mon regard immense veille Sur tous les mondes à la fois I La mer qui fuit à ma parole.
Ou la poussière qui s'envole.
Suivent et comprennent mes lois.
Marche au flambeau de l'espérance Jusque dans l'ombre du trépas, Assuré que ma providence Ne tend point de piège à tes pas !
Chaque aurore la justifie.
L'univers entier s'y confie, Et l'homme seul en a douté!
Mais ma vengeance paternelle Confondra ce doute infidèle Dans l'abîme de ma bonté.
COMMENTAIRE
Cette méditation ne vaut pas la précédente. Voici pourquoi : la première est d'inspiration, celle-ci est de réflexion. liC repentir a-t-il jamais l'énergie de la passion?
Ma mère, à qui je montrai ce volume avant de le livrer n rimpression, me reprocha pieusement et tendrement ce
cri de désespoir. C'était, disait-elle, une offense à Dieu, un blasphème contre la volonté d'en haut, toujours juste, toujours sage, toujours aimante, jusque dans ses sévérités. Je ne pouvais, disait-elle, imprimer de pareils vers qu'en les réfutant moi-même par une plus haute proclamation à Téternelle sagesse et à l'étemelle bonté. J'écrivis, pour lui obéir et pour lui complaire, la méditation intitulée la Providence à Phomme,