‹ Mort de SocrateChapitre 45 sur 94 · LA GLOIRE · texte numérisé non relu

LA GLOIRE

de ses vieux jours eu euseiguant sa langue. Uue jeuue religieuse, d'uue beauté touchante et d'un dëvouemeut absolu, s^ëtait attachée d'enthousiasme à Texil et à la misère du poète. Il m'enseignait le portugais et m'apprenait à admirer Camoêns.

Les poètes ne sont peut-être pas plus malheureux que le reste des hommes, mais leur célébrité a donné dans tous les temps plus d'éclat à leur malheur : leurs larmes sont immortelles; leurs infortunes retentissent, comme leurs amours, dans tous les siècles. La pitié s'agenouille, de génération en génération, sur leur tombeau. lie naufrage de Camoêns, sa grotte dans l'île de Macao, sa mort dans l'indigence, loin de sa patrie, sont le pendant des amours, des revers, des prisons du Tasse à Ferrare. Je ne suis pas superstitieux, même pour la gloire ; et cependant j'ai fait deux cents lieues pour aller toucher de ma maiu les parois de la prison du chantre de la Jérusalem^ et pour y écrire mon nom au-dessous du nom de Byron, comme une visite expiatoire. J'ai détaché avec mon couteau un morceau de brique du mur contre lequel sa couche était appuyée; je l'ai fait enchâsser dans un cachet servant de bague, et j'y ai fait graver les deux mots qui résument la vie de presque tous les grands poètes : Amour €t larmes.

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