‹ Mortalité et Morbidité infantiles en milieu tuberculeux: Action du B.C.GChapitre 27 sur 48 · CA V'R · texte numérisé non relu

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tuberculose dans les grandes collectivités est difficile à établir pour plusieurs raisons. L'observation doit être de longue durée et il serait important pour étudier les faits, en fonction de la vaccination antituberculeuse, d’adopter un système permettant de mieux identifier les sujets ayant reçu le vaccin. Souvent, par exemple, des enfants ou des adolescents disent avoir reçu du B,C.G. sans qu’on puisse savoir où, quand et comment. On ne peut, à propos d’un malade, faire des recherches dans tous les instituts vaccinaux de toutes les localités. Les fichiers de l’Institut Pasteur sont bien faits, mais ils ne correspondent sans doute pas à la totalité des cas, et ne donnent que peu d'indications sur le sort des vaccinés ou les examens qui ont été pratiqués. En tout cas, l’étude de ces statistiques est loin d’avoir la précision de celles qui concernent la fièvre typhoïde. La vaccination T.A.B. a été appliquée systématiquement à tous les soldats pendant la guerre : aussi peut-on lui attribuer avec certitude la chute de la morbidité typhique constatée depuis dans le sexe masculin et dans le sexe masculin seulement.

— La vaccination anti-tuberculeuse, malgré les campagnes officielles, qu’on les juge utiles ou néfastes, suivant ses opinions, n’a pas encore atteint tout le public. Bien des mères ne « réalisent » pas ce dont il s’agit : certaines confondent la vaccination avec la vaccination par le B.C.G., d’autres confondent méme B.C.G. et cuti-réaction et affirment ainsi, de bonne foi, que leur enfant a été vacciné. L’inverse est également exact, mais nous reviendrons sur ce point dans la deuxième partie de cette thèse.

— Les difficultés de l’enquête sont assez nombreuses pour que chaque médecin juge la question sous un aspect qui lui est propre. D’où il résulte que les grandes statistiques, ne pouvant être évaluées par un

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seul, sont loin d’être une synthèse d'enquêtes particulières, mais sont bien plutôt un assemblage de résultats souvent disparates. Il y a aussi, comme partout ailleurs, des indifférents et l’on est stupéfait de voir, par exemple, qu’à une question posée à 4.723 médecins, l’enquêteur n’a reçu que 236 réponses (Mme MALDAN-MAssSOT).

— Une opinion assez communément accréditée est celle qui engage à vacciner de préférence les enfants en danger de contamination évidente, à l’exclusion de ceux qui doivent être élevés en milieu sain. Nousmême, sans adopter une règle de conduite aussi nette et bien qu’à notre avis, chaque cas doive être étudié en particulier, surtout lorsque le milieu est simplement suspect, nous nous sommes déjà demandé à propos de l’innocuité et nous nous demanderons encore à la suite de ce chapitre et après l’étude de nos cas personnels, s’il est indiqué de vacciner les enfants destinés à vivre dans un milieu que l’on peut certifier non tuberculeux. Toujours est-il que le procédé est assez souvent employé en France. Par conséquent, lorsque l’on compare les statistiques d’enfants vaccinés et celles d'enfants non vaccinés, sans préciser le milieu où ils ont vécu, il serait logique que le pourcentage de mortalité et de morbidité des premiers soit supérieur à celui des seconds. Nous avons vu que, en général, c’est le contraire qui se produit.

— Certains auteurs disent que les statistiques sont favorables parce que l’on vaccine uniquement les enfants bien portants et robustes. D’autres, au contraire, ont dit que l’on vaccinait souvent les enfants chétifs et les prématurés dans l’espoir que le B.C.G. aiderait à leur croissance, ce que CALMETTE appelait faire une sélection à rebours. En somme, nous ne pensons pas qu’il faille tenir compte de ces arguments ni dans un sens, ni dans l’autre.

— On a dit aussi que la diminution de la mortalité et de la morbidité infantiles était dûe à l’amélioration de l'hygiène bien plus qu’au B.C.G. Mais, on a pu voir, par les statistiques de Dakar, que si, en effet, le pourcentage des décès a diminué parallèlement de 1928 à 1932, chez les enfants vaccinés et chez les non vaccinés, il est toujours inférieur chez les premiers. D’autre part, le fait pour une famille de réciamer la vaccination, dénote un souci de prophylaxie contre la tuberculose, et l’on peut admettre que des enfants élevés dans ces familles seront l’objet de soins éclairés; ils seront également, dans la mesure du possible, suivis par les infirmières-visiteuses qui se préoccupent de leurs conditions de vie et invitent les parents à les faire examiner. A l’opposé de ces enfants, il existe tout le groupe, beaucoup plus important, malheureusement, à notre avis, de ceux pour lesquels le B.C.G. est, au regard des parents, un bouchier qui doit les protéger contre tout, sans autre précaution.

— Le reproche le plus grave que l’on puisse faire aux grandes statistiques, c’est de grouper des cas trop nombreux pour pouvoir être étudiés de près. C’est pourquoi nous préférons la méthode qui consiste à se contenter d’un petit nombre d’observations, mais d’observations précises.

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