C. — ETUDES PRECISES DE QUELQUES OBSERVATIONS
Une telle méthode permet de suivre les malades et d'entreprendre une étude comparative du comportement de la tuberculose en milieu contaminé chez des enfants exposés, dans les mêmes conditions, aux mémes dangers et chez qui la seule différence est celle conférée par le B.C.G.
— Do —
Elle a été employée par MM. STÉVENIN et AZOULAY et les résultats ont été rapportés dans la thèse de Ma- GAT (1930). Les conclusions sont les suivantes : la mortalité des enfants vaccinés est moitié moindre, la morbidité est inférieure et faite de lésions discrètes. Chez les vaccinés, 60 % des enfants sont sains; chez les non vaccinés, 9,8 % seulement.
Mme MaLpaN-Massor (1931) l’a employée également. Elle conclut : la mortalité et la morbidité ne sont pas influencées par le B.C.G., mais la mortalité tuberculeuse est nulle chez les vacccinés; la morbidité de 1,08 %. Sur les 92 cas cités, 6 seulement ont été en contact bacillifère.
Nous-même avons adopté cette méthode; nous exposerons nos observations et leurs résultats dans la deuxième partie de cette thèse.
Que faut-il conclure au sujet de efficacité du B.C.G. ? Les preuves expérimentales sont presque indubitables; les procédés de laboratoire nous apprennent que le vaccin pénètre dans l’organisme et y détermine quelques modifications humorales, mais rien de précis; les tests tuberculiniques ? l'allergie n’est pas conférée dans tous les cas, toutefois, la vaccination sous-cutanée et les revaccinations nous permettent d’espérer que l’on parviendra à une quasiunanimité; les moyens cliniques et radiologiques ? intérêt faible des cas isolés. S’il est démontré que le B.C.G. a été nocif, ne fût-ce qu’une fois, cela est important; s’il a été inefficace dans un seul cas, c’est sans valeur. Les grandes statistiques, en général favorables au B.C.G. sont intéressantes, malgré les réserves signalées, et le seront plus encore lorsqu'il y aura un recul suffisant pour pouvoir juger. Quel sera Pavenir des enfants vaccinés par le B.C.G. ? il faut attendre pour le savoir, mais il y a tout de même treize ans déjà que le vaccin de Calmette-Guérin a été administré pour la première fois.