‹ Morteville: drame en trois actesChapitre 10 sur 35 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Clagan, Merrin, Longène, Nicolas Ferry, Crèche , Ombredane , Claudine , Marie Robin, la femme de Clagan, La femme de Merrin, la femme de Ferry, Prunette, Martin Bromerre, Babon.

MARTIN bromerre (levant son fouet).

Le premier qui bouge, je le fouette comme un chien! (Tous restent immobiles.) Jetez VOS bâtons!

(Merrin et Clagan obéissent. Martin saute en bas de son cheval, que Babon prend par la bride et emmène à l'écart).

Qu'est-ce qu'il y a encore ? Ainsi , dès qu'on n'est pas là pour vous surveiller, il faut que vous vous preniez de querelle, que vous vous battiez comme des brutes? Qu'est-ce qui a commencé?

C'est sans doute toi, Merrin ? ne te défends pas ; tu es une mauvaise tête! EtClaganaussi ferait bien de

prendre garde à lui. (ll regarde autour de soi et remarque l'agitation des femmes) Je ne veux pluS

entendre de tapage. Si vous êtes assez faibles pour vous laisser monter la tête par vos femmes, enfermez-les chez vous. Ce n'est pas le moment de vous battre quand les maraudeurs du Herloch sont tout prêts à tomber sur vous. Longène, vous qui avez de l'âge et de la raison, vous auriez dû tout de suite les faire rentrer

dans l'ordre... (Apercevant Grèche.) Ah! tU es là,

toi?Je ne m'étonne plus s'il y a du trouble ici.

GRÈCHE (avec une fausse soumission).

Martin, tu m'accuses à tort. Dites, vous tous, si je suis pour rien dans cette dispute?

CLAUDINE

Vrai, je puis témoigner pour lui. 11 n'a rien fait de mal... cette fois.

MARTIN

J^ viens de visiter tous les postes dans la montagne . Partout , il m'a fallu remettre la paix et gronder. Je ne comprends pas que vous vous conduisiez ainsi ! N'avez-vous pas assez de vous défendre contre vos voisins, au lieu de vous manger les uns les autres? Je vous forcerai malgré vous à respecter la loi; il faut rester unis entre nous pour être plus forts contre nos ennemis. Voilà ce que notre loi commande.

Laurent est sorti, au fond de la forêt. II s'avance par derrière sans être remarqué, écoute un moment, puis parle.

Page 1