SCÈNE V Les Précédents, moins Martin et Thérèse
Qu'est-ce que j'ai fait là ? Si je m'attendais à voir mon récit. . .
CRÈCHE (bas).
Plus un mot, maintenant. Tu as très bien parlé, mon petit Ombredane, — sans le faire exprès ! Mais arrête-toi, car tu ne dirais plus que des sottises.
LAURENT (revenant à lui).
J'ai soif... Thérèse, êtes-vous là?
GRÈCHE
Entendez-vous comme il la réclame, comme il miaule encore après sa chatte?
(S'approchant de Laurent) N'appelle paS Thérèse !
elle ne peut plus venir. On sait ce que vous avez fait ensemble. Grâce à vous, les trois quarts des nôtres sont morts ; demain la race des montagnards sera peut-être anéantie, ou il faudra que nous délogions tous. Mais avant que nous n'en soyons réduits là, méchant fou, réformateur imbécile, toi et ta complice...
On entend à gauche une sonnerie de trompette.
CLAGAN
Ecoutez ! reconnaissez-vous cette musique?
LONGÈNE
Ce sont les gens de la ville : nous sommes pris !
Une partie des montagnards s'enfuit au fond de la scène. Les autres s'apprêtent à lutter.
GRÈCHE (à part).
Malheur à moi ! Je n'ai pas eu le temps de sauver mon or !...
Hagon portant son costume guerrier, .apparaît à gauche, suivi de deux soldats dont l'un porte une bannière.