‹ Morve et Immunité Anti-MorveuseChapitre 11 sur 26 · LA MALADIE EXPÉRIMENTALE · texte numérisé non relu

LA MALADIE EXPÉRIMENTALE

séreuse qui recouvre musculus tlestis, sous l'aspect d’un petit focon purulent qui s'étale peu à peu et envahit les 2 feuillets vaginaux qui s’accolent et musculus testis adhère par sa face scrotale aux téguments du scrotum [41]. Dans les formes subaiguës, ces lésions une fois constituées, diminuent de sévérité et sont suivies par l’atrophie des glandes sous l'influence de la réaction inflammatoire de l’albuginée et de la réduction des testicules à une petite plaque fibreuse. L’autopsie des cobayes morts à la suite d’inoculation péritonéale de microbes de la morve ou de matières virulentes ne montre pas souvent les altérations visibles dans la cavité abdominale bien qu’une quantité plus ou moins abondante d’exsudat s'y trouve. Les lésions de la rate et des poumons sont moins constantes, dans les cas avancés de l’infection elles peuvent être localisées au foie et aux ganglions lymphatiques. Les ganglions lymphatiques inguinaux correspondant au côté de l’inoculation sont presque toujours augmentés de volume. Les lésions des organes internes prennent la forme de nodules gris, qui, dans leurs caractères généraux, macroscopiques et microscopiques, ressemblent à ceux décrits chez le cheval morveux. Les lésions sur la muqueuse nasale sont plus rarement observées.

Contrairement à ce qu'a cru Srraus, non seulement Îles microbes de la morve, mais aussi d’autres bactéries provoquent des lésions similaires au niveau des organes génitaux du cobaye mâle, lorsqu'ils sont inoculés par la voie péritonéale (B. de Preis-Nocarp, B. Pyocyanique, B. de Whitmore, Sporotricum, etc.), Panisser [43} (1910) a démontré que les bacilles de la tuberculose et de la diphtérie (Panisser et Loiskau) peuvent engendrer les mêmes lésions au niveau des organes génitaux des cobayes mäles. Au cours de nos recherches, nous avons observé un cas de vaginalite chez le cobaye, produite par la culture d’un streptocoque isolé d’une lésion morveuse ouverte.

L'inoculation sous-cutanée produit un abcès local avec extension aux ganglions lymphatiques voisins. L’infection se généralise avec des lésions de la rate, et moins fréquemment, des poumons et du foie. L'évolution de la maladie dure de 4 à 6 semaines ou plus avec ou sans la réaction de Srraus. Dans le cas où le matériel à inoculer est trop souillé il faut recourir à cette voie d'inoculation, quelques jours après on enlève un des gan-

glions tuméfiés des régions voisines du point d’inoculation et on peut en isoler le microbe à l’état pur, soit par la culture, soit par l’inoculation péritonéale à un autre cobaye.

Lapin. — Celui-ci, est d’une façon générale, peu sensible à la morve. L’inoculation sous-cutanée donne des résultats incertains, sauf en masse. Une grosse dose intraveineuse tue l’animal en peu de jours et le bacille peut s’adapter au lapin après quelques passages ainsi pratiqués (LœrrLer, 1886) [32].

Souris. — La souris des champs est assez sensible aux inoculations de virus morveux, mais la souris blanche est résistante. Il faut de grosses doses de culture pour lui donner linfection qui se termine par la mort en 72 heures, sans formation de lésions caractéristiques. L’inoculation du pus morveux peut la tuer en 5-6 semaines, et les lésions deviennent, ici, macroscopiques au foie et à la rate ; quand on l'utilise pour un diagnostic on doit tuer l’animal au 10-13° jour de linoculation, afin d’en observer les lésions et y rechercher le bacille.

Mouton. — Il est très résistant, mais il est infecté par l’inoculation de grosse dose (Rexauzr et Boucey, 1840) [46]. L’inoculation sous-cutanée en grande quantité de culture de morve au bétail ne peut engendrer qu’un abcès local.

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