IMMUNITÉ DANS LA MORVE
Après la découverte du microbe les premiers essais de vaccination contre la maladie ont été faits au moyen de microbes vivants comme pour les virus-vaccins de Pasteur. Nous allons passer rapidement en revue les plus importants travaux concernant l’immunité morveuse.
Cultures vivantes.
STRAUS, un des premiers qui se soit occupé de l’immunité, écrit dans sa note présentée à l’Académie des Sciences en 1889 : « La morve est considérée comme une des maladies pour lesquelles il n'existe pas d’immunité... » il dit que cette manière de voir n’est pas conforme à la réalité des faits en rappelant des expériences faites sur les chiens, animaux peu sensibles à l’infection.
D’après ses expériences une inoculation intraveineuse peu sévère des bacilles de la morve, mais capable d’engendrer une morve avec tous ses symptômes cliniques, met lanimal à l’abri de l'infection produite par l’inoculation également intraveineuse d’une forte dose de microbe qui tue les témoins à coup sûr. Les essais qu'il entreprend par d’autres voies d’inoculation sur le chien, par la voie veineuse et sous-cutanée chez d’autres animaux plus sensibles à la morve, tel que l’âne, ne donnent pas les mêmes résultats. En terminant sa communication il s’exprime ainsi : « La morve était considérée, jusqu'ici, comme une des maladies virulentes, ne donnant pas l’immunité. En choisissant un animal à faible réceptivité, comme le chien, nous avons démontré que la morve elle aussi entre dans le cadre des maladies pour lesquelles l’immunité peut être créée ».
Dans ces expériences Srraus utilisa la voie veineuse, mais le chien immunisé restait sensible à l’inoculation cutanée.
La morve est, d’après plusieurs auteurs une maladie, curable et donnant l’immunité. Parmi les savants qui se sont occupé de conférer une immunité aux animaux de laboratoires on peut citer principalement : Bonome, Garrier, Maurice NICOLLE, Scauerz, BaBes, RigGcer, Semmer, Sapowsky, VivaLpr, KLEIN&, WaLzpmann, Marxer, etc. ; les uns par les moyens chimiques ou physiques ont tué les microbes, les autres les ont traités par les sérums de cobayes, de chèvre, de bœuf, à lextrait de testicule, de thymus et ont pu donner une immunité jusqu’à un certain point, mais comme le dit Marxer, personne n’a pu obtenir un résultat assez certain pour que la méthode soit entrée dans la pratique.
Maurice NicoiLe (1906) a démontré que les cobayes pouvaient être vaccinés par Padministration de microbes vivants en quantité justement suffisante pour une infection manifeste mais non mortelle, dose inframortelle qu'il est difficile de fixer puisqu'elle varie avec chaque animal.
GazTier avait pensé (1881) que le bacille de la morve atténué de virulence par passages successifs sur le chien pourrait se modifier dans son adaptation à l’organisme des animaux sensibles à la morve; et il a inoculé une telle souche aux chevaux et a constaté que celle-ci leur donnait une morve bénigne qui guérissait spontanément. k
SACHAROFF (1893) en faisant passer le microbe de la morve sur le chat, avait remarqué que la virulence avait augmenté pour cette espèce animale mais diminué pour le cheval.
D’après KLeine | 19} les souches avirulentes de la morve, pouvant servir telles qu’elles pour l’immunité, n'existent pas dans la nature, et il est impossible d’atténuer, sans la détruire, la virulence des cultures de la morve par la chaleur ou par le vieillissement.
Les cultures mortes.
Nombreuses sont les expériences faites avec les microbes tués par la chaleur ; elles donnèrent quelque résistance chez les vaccinés, mais d’une façon générale cette méthode n’a pas donné satisfaction : K. Kueine (1903) n'avait pas réussi à vacciner les cobayes