CHAPITRE XX
Il fatit que je m^aeeuse iei d'un autre resqpeet bum$iin indigae. Mon voisin n'était pas tiMby et mèm^. quelquefois â parlait des sentiments rdi^ gieux comme un bonrme qui le& estime 6t qui n^f est pas étranger; mais il dônserrait néann^ind be2(ucoup de préventions^ non fondées^ eontn^ le ehnstâanisme, qu'il considémlt moins idans soa essence que dans ses abus. La pbilosopbie super* ficielle qui , en France , précéda et suitit la révolu<^ tion , l'aTait ébloui. B lui semblait qu'on p(mvait adorer Dieu plu? parement et plus sineèremeal que suivant k rdi'gton de TÉvai^ile. Sans cou» nàitre parfaitement Condillac et Tracy, il 1^ re»* pectait comme deprofoids penseurs^ eté^maginait que ]e dernier avait donné le complément à toutes les investigations possibles de la métaphysique.
Moi y qui avais poussé plus loin mes études plulosophiques> qui sentds la faiblesse de la doetfbie
DE SltVIO PBLUCO. 61
expérimentale f qui conDalsfiâis les grdesières et-* fmtB de critique au moyen desquelles le siècle impie de Voltaire avait é&iàjé de dWamer le elffis^ iSàftisme; mei ^vti avais lu Guéuée et quelques autres dont la science vérHabie a déimasqué cette faLUâ^erittque; umi qui étais parfaitement eon»' vaincu qu'on ne peut admettre l'existence de Dieu* ètieûier )%vaïigile; moi qui trouTais si Til et â méplisalile de se laisser enirainer au terrent deâ. idées antichrétiennes y et de ne pas saToir appré^ cier par ses propres yeux combien le catholicisme considéré sous ses véritaUes rapports est simple et sublime ; moi f eus^la {aij)les5e de sacrifier au respect humain. Les facéties de mon voisin me confondaient^ quoique j'en comprisse parfaitement faute la fatuilév Je dissimulai ma foi, jliésttai; je Béfiéâdi^ pour savoir s'il était à propos ou noadç eon^ediref je me dis que c'était inutile, et je me crus justifié.
Làciieté ! Iftehebfi I et qu'importe rorgaeiUeose faveur d'opinions aocféditées^ mais qui ne sont appuyées sur aucun Icmdepient? U est vrai qu'un zèle intempestif est une iiuliscrétion et peut irriter plus qu'on ne croit. Mais confessa sa foiayeç ifanchise et moâestie> quand la circonstance le permet ou l'exige;^ décHarer ce qu'on regarde comme une vérité importante^ le faire lors même qu^on ne peut espérer une approbation^ le faire quand même on ne saurait éviter un ceirtain mé-
m jkAwoiiw
pos, «'081 utt d^foiv iiidliiV€XNS^ ; et cette »obIe déolâf atioa peuii Befaine sao^ pceodre loal à pcc^Oft le oiOMtàre d'iQsl mlsiûwoAii^^
G'e8i lia devoir de contwer unie : ^mperiairte; yétité m tmt tempe» piiroe qmî quand mèim QW n'espàremit pa» de lalaire «diqettre^ a^HkHebempÀ elle peut oepeiidaat prépaie? Viim dee axAtm^ M piradiiiîie «ne phis geaode knpertiaim depai^ jugemeotovet pbie tavd le tfiompbe de le hir
CH APITftÈ XXi
Jeiféstai daiiâoelte dÉambve un meiia ei qiielqaee jou&a; Pcndanftla nnU du iS an iâ férrier im> |e AiB éyeiHé per Je bruit des vertont et des éle&; je vis entrer plusieurs hommes éclairés par une ïan^ taoé ; ma preitiiàre liensde fut qu'ils T^[iÉiènt tn'^orger. Mais iaudia quedana moKi ailxiéfté jâ re^aordya eea figut^ f }e vis le eomte de B^t^^jfn procber potimeort de ilioi et ma dite die mliabillér promptement pour partir.
Getto uauvelle me surprit^ et j'eus la folie d'ea^ pérer qu'ils me xonduisaient aux fcnitières en Piéinout^ Est^il possible qu'une â grande tempête a^ëldgiie.aiiisill Je la pœsèderw emsore, €èttf9 douce liberté 1 Je pourrais revoir et fesser aor
DE SItiTIO nttAIGO. 03,
non eonir um thm» p«reBlf , niea frèMH/ diti;
sœurs!
: Oe9 peltiiées^fls^usm m'agitèrwl penditttt qœl-
suivis ceux qui m'accompagnaient sans ponvoiri^ii ïfioimwnM» me (m ^er moïk yoîam*
c Où iilkm&hiioust dea»ndai*'je ancointa 0a montant en voiture avec lui^Qt w (rfSoiar di^ gen-i danoanie^
— Je na pwa vqçs le inn) oomuAtse avant qqa noui^ iof oBf à \m m^ i» diatunoe de la viljier de MîlaQ*^ ,
. Je vis que la vcifura ne se dirigeait pas vi^ la porte VemseUîna, et mes esp^nces s'évasiaahf ut,
Ja gardai le 3ilen^. Ut nuit étsât magnifique , la lune versait sa douce lumière* Je considérais toutes ce« j^& que j'avais tfavecsées tant de fois; i'étdia beuiieui^ alors 1 je revoyais ces iwsonai çesé^ises^ tout me rappelait de ai beui^eiii soii^ venin!
eaura de la porte Orieatalej jiitdina publiée^ que i^avaîA tçi^t de (m pdis^oouvua aveo Vùwtoh», Fonti^ Louis de Breme^ Pierre Borsiim^ avec Porfô et ses fils, avee tant d'autre» m^tda Qhéns> le cflBur .plçin de m et d'eipértooe : oh ! en me din saut que je veus' revoyais pour la detnière fois, en voua voyant fuir rapidemelAt à mes yeux» comme je scoatais que je vous avais aiméa et que je voua aimais encore ! Quand .nous eûmes passé la porte
64 MÉMOIBIS
d# lA vilte^ f attimi un peu mon chapeau mt mes
yeux; je pleurai sans témoins.
• Je laissai passer près d^un mille ^ pak je dis au
comte B^** : « Je mlmagine que nous «Hoi» 4
Véroneî
— PlusMUi répondit-il; nous aSoifô à Veiiiisey où je dois tùus remettre entre les mains d'une ccNQunlsslon spééiàle* »
Nous voyageâmes par la poste sans nous arrêter, el nouis arri'Vâffiés à Venise le 20 îévrief.
Au ïnois de septeml)re de Tannée précédente, un mois avant mon arrestation, j'étais i Venise^ él j'avais cBné en nombreuse et joyeuse compagnie à Thôlel de la Lune. Chose étrange! je suis pféd-< sèment conduit , par le comte et le gendarme^ i Thôteldela Lune.
Un domestique frissoniia en me voyant et en remarquant que j'étais entre les mains de la jus^ tice j (fuoique le gendarme et les deux sat^ites , qui semblaient être à mon service, fussent dégui* ses. Je me réjouis de cette rencontre, convaincu que le domestique parietait de mon arrivée à plus d'une perBonne^
Noius dînâmes, puis on me conduisit au palais du Doge, où étaient établis les lYibunaux. Je pas-' saisous ces chers portiques des Proeuratie, et devant le calé Florian, où j'avais passé de délicieuses soirées rautomne précédent. Je ne remarquai aucune de mes connaissances.
DE SILTIO PEUIGO. 65
On traversa la place... ; et sur cette place, au mois de septembre , un mendiant m'avait dit ces singulières paroles : « Je vois qae vous êtes étranger. Monsieur; mais je ne comprends pas comment tous les étrangers et vous, vous pouvez admirer ce lieu : pour moi c'est un lieu maudit, et je n'y passe que par nécessité.
— Vous y serail-il arrivé quelque accident?
— Oui, Monsieur, un malheur horrible, et pas seulement à moi. Dieu vous en garde, Monsieur! Dieu vous en garde ! x>
Et puis il s'en alla en toute hftte.
Aujourd'hui, en passant au même endroit, il était impossible que je ne me souvinsse pas des paroles du mendiant. Et ce fut encore sur cette même place que, l'année suivante, je montai les degrés de Téchafaud, d'où j'entendis prononcer ma sentence de mort et la commutation de cette peine en quinze années d'une dure prison {eareert duro).
Si ma tète avait été portée aux exaltations du mysticisme, j'aurais fait grand cas du pauvre mendiant qui me prédisait si énergiquement que cette place était un lieu de malheur. Pour moi, je note ce fait seulement parce que c'est un incident étrange.
Nous montâmes au palais; le comte B*** parla aux juges, puis me rendit au geôlier, et, en prenant coDgé de moi , il m'embrassa cordialement et tout attendri.
M MÉironBs
GBAPITRË %%n
traversé plusieurs comâor» ^ pliuâeurg mi\%B0 nous affrivtoe» à uoe éob^Ue qui no^s conduisit 99^8 les Piombif ^lèbres prisons datait depuis le te^pB 46 la i^publifOô â0 Venise»
Là le geôlier prit mon nom wi sesi ];9g)8trQ9| puis me renferoda daos I4 ^bamtee qui oi'était destinée^
ILe» Pméif que je iriens de ncwioeSf soiit ]wi pitvtiei 8upâmun$ de {'fn/ai^Q^ paliftis 4a Oogti 4aiit le t9ît est tout entier eouivert de plom^ ; lift ci]iMo])re avait xmfi gwiâe ienfttra avee 4'âMH*«Bee tamiausi de fer; eUe 4Qimait ^ k toit^ également de plomb $ de TégUse Saiatrtfarc. Au delà de Tégliae^ je y<^aia daîiui le loiataia Vextiémité de laplacei et de teiis leç côt4s une infinité de coupoles et de aloçber^* Ia gigantesque clocbap de Saiuit-Marc n^était séparé de moi que de la longiiieur de TégUse^ et je pouvais entendre ceu::^ qui 9 à son sommet^ parlaient un peu baut. Oa voyait eiicoroj à gauebe de réglise^ uxie partie de la grande cour du palais et une de ses entrées. Au milieu 4e cette partie de la cour il y avait uq puits public^ et à cbaque instant il y vient da
Qitfidft tfoicet fie* i*mA. Matfc nm ptison étoit si
ptH {don htiiii qui» dc|ft laiifeiito^ $t ja a» pwvdja distingu#f l^dca parole qoe fuuâ ils QriiiBiit4 JI0 «6 tN>uind «kicMw fihi& soUtair^ que dusa Idi! pri- KttftdéMilaB./
Ita^ In ptmtim jcmni/ Us somis du pro&ès cHmiml qui tn^étaH islenté par la eommissîm spémale iô'atltistèreiQt m p^, at à cela se joif^l pevrt^Te annote la triste seoitiiaastt à*nn isoleindiit plur comfAal» Eà ootoe^ l'étais |itas éhûgoé de ma famille^ ûX ûlatms plus, de sas nouvallas* Les figure^ que je yoffaistxt m'élaiêiPLt pats bostiled; mais elles sua gftsdmiUua aériettx. ysaimmt affu&yaiàt^ La v^ooisunié^ teut! utaiti lagia^i^ les easpplais des Uifi \kdm9 01 duiradte de Tltatie pour rittdépdndaase» al eltis. panlaieal: que j'étads ua des plus obâlids pioiuotèurs de oe délilra. Ma; petite râpmatHm Uif» iémté éttàijiowxm du geôUep^ de sa femme et de sa fiUBi dé lies dauic fils et mime des deux eeconda* Qui sait si teufr ces braves gens ue s'imagiuaieâi l^s qu'un auteur de tragédie €$t une espèce d0 sngieieiàt
- Bs gsuçidaîeot ua sérieux prof oud, défiant; ils étaient avides de me coDuaitre dayautage> ilriaia néanmoins remplis de politesse.
Après quelques jours ils s'adoucirent; je les trouvai bons. La femme était celle qui conservait le mieux le maintien et le caractère de geôlier.
C'était une fanme d*ane quarantaine d'années; son visage était décharné^ sa parde aigre et sèche; elle ne paraissait pas susceptiUe de la moindre bienveillance, si ce n'est pour ses enfants.
Elle avait coutume de m'apporter le café le ma» tin et après le dîner, l'eau, le linge, etc. Elle était ordinairement suivie de sa fille, enfant de quinze ans aux regards compatissants, et de ses deux fils, igés Tun de treize ans, l'autre de dix; ils se reû^ raient avec leur mère, et ces trois enfants se retouiH naient doucement pour me regarder en fermant la porte. Le geôlier ne venait que lorsqu'il devait me conduire à la salle où se réunissait la commissioii chargée de m'examiner. Les seconds ne venaiMt pas souvent, parce qu'ils étaient occupés aux prisons de la police, placées à un étage inférieur, el où il y avait toujours beaucoup de voleurs. Un de 6e& seconds était un vieillard de plus de soixante*dix ane^ mais conservant encore assez de vigueur pour cette vie pénible et fatigante, qui d)lige àcott^ rir sans cesse dans les escaliers pour aller aux différentes prisons. L'autre était un jeune homme de vingt-quatre à vingt-cinq ans, qui aimait mieux raconter ses aventures que de marcher où l'appelait le service.
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