‹ Mos prisons: ou, Mèmoires de Silvio PellicoChapitre 25 sur 94 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

L'enfant étiat sorti, et j'éprouvais ua contentement intérieur d'avoir reprisla Bible, d'avoir avoué q^e ^^ps eUe j'étais dav^nu gl^ i^li^M^ U «P^

(i) m Ufim dit a m^^fsfâfgiu; i)«t ûiipflBsihie.qiril n^anïTe pas de scandale; mais malheur à celui. par iini

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Bombiait que j'a^arâ donné «atîafiatclion à vn ami généreux initisiement offensé , cpie je m'étais ré* concilié ayec lui.

« Je vous avais abandonné^ ô mon Dieu > m*é« criai-je, et je m'étais perverti! et j'avais pu croire que l'infâme souris du cynisme convenait à ma situation désespérée I »

Je pronon<;ai ce9 paroles avec une émotion indicible; je mis la Bible sur une chaise; je m'agenoniUai à terre pour la lire, et moi qui pleure si difficilement, je fondis en larmes.

Ces larmes étaient mille fois plus douces que toutes les joies féroces que j'avais éprouvées. Je sentais Dieu de nouveau! J'aimais! Je me repen* tais de Tavoir outragé en me dégradant, et je pre^ nais la résolution de ne plus jamais me séparer de lui; non, jamais.

Oh ! comme l'esprit est élevé et consolé par un retour sincère à la religion !

Je lus et je pleurai pendant plus d^une heure; je me levai plein de confiance qae Dieu était avec moi, que Dieu m'avait pardonné mon égarement. Alors mes malheurs, les tourments de mon procès, le supplice qui m'attendait, me parurent peu de chose. Je me réjouissais de souffrir, parce que

viennent les scandales! Il lui serait plas utile qu*on lui attachât au cou une pierre énorme et qu*on le précipitât ao fond de la mer^ qne de soandaliser un de ces petits enfants.

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cela me donnait ocoamoQ de remplir mon devoir, parce qu'en souffrant avec un esprit résigné, j'obéissais à Dieu.

La Bible, grâce au Giell je savais la lire. Ce n'était plus le temps auquel je la jugeais avec la mesquine et superficielle critique de Voltaire, en blâmant des expressions qui pourtant ne sont ni fausses ni ridicules, si ce n'est cependant lorsque, par ignorance ou par malice, on ne se pénètre pas de leur véritable sens. Je voyais clairement qu'elle est le code de la sainteté, et par conséquent de la vertu; que c'est chose peu philosophique, et semblable à Vorgueil de celui qui méprise tout ce qui n'a pas de formes élégantes, de s'offenser de certaines imperfections de style; qu'il est absurde d'imaginer qu'une telle collection de livres vénérés ait un principe non authentique; que la supériorité des saintes écritures sur le Coran et sur la théologie des Indiens est incontestable et évidente.

Beaucoup en ont abusé, beaucoup ont voulu en faire un code d'injustice, une sanction pour leurs passions mauvaises; cela est vrai : mais nous en sommes toujours là; ou peut abuser de tout : et quand est-ce que l'abus d'une chose très - bonne devra faire dire que la chose est mauvaise en ellemême?

Jésns-Christ Ta déclaré : toute la loi et les prophètes, toute cette collection de livres sacrés se réduit au précepte d'aimer Dieu et les hommes.

Et ces divines Écritures ne seraient pas une vérité propre à tous les siècles! ne seraient pas la parole immuable de TEsprit - Saint !

Ces réflexions une fois réveillées en moi^ je résolus de conformer à la religion toutes mes pensées sur les choses humaines, toutes mes opinions sur le progrès de la civilisation, ma philanthropie, l'amour que je porte à ma patrie, toutes les affections de mon âme.

Les quelques jours que j'avais passés dans le cynisme m'avaient beaucoup souillé. J'en sentis les effets pendant longtemps, et j'eus bien des combats à livrer pour en triompher. Chaque fois que l'homme succombe à la tentation de dégrader son intelligence, de regarder les œuvres de Dieu à travers le prisme infernal du sarcasme, d'interrompre le bienfaisant exercice de la prière, le ravage qui se fait dans sa raison le dispose facilement aux rechutes. Pendant plusieurs semaines je fus assailli presque chaque jour de violentes pensées d'incrédulité; j'employai toute la puissance de mon esprit à les éloigner.

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