‹ Mos prisons: ou, Mèmoires de Silvio PellicoChapitre 31 sur 94 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

Un jour, un des seconds entra dans ma chambre avec un air mystérieux, et me dit :

a Quand Zanze était ici..., quand elle apportait le café. . ., et qu'elle restait longtemps à discourir. . ., moi, Monsieur, je craignais que cette malheureuse, pleine de ruse et de fourberie, ne découvrit vos secrets.

— Elle n'en a pas découvert un seul, loi dis-je en colère; et moi, si j'en avais eu, je n'aurais pas eu assez de simplicité pour les dévoiler. Continuez.

— Pardon, Monsieur, je ne voulais pas i^ireque vous fussiez un homme simple; mais moi, je me défiais de Zanze, et aujourd'hui que Monsieur n'a plus de telles gens pour venir lui faire compa-. gnie..., j'espère que...

— Vous espérez que?... Expliquez -vous une fois. ^

— Jurez d'abord que vous neW trahirez pas.

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— Oh! pour jurer de ne pas vous trahir, je le puis, je n^ai encore trahi personne.

— Dites donc que vous jurez de ne pas me trahir.

— Oui, je jure de ne pas vous trahir; mais apprenez, insensé que vous êtes, que quiconque serait capable de vous trahir^ serait encore capable de violer un serment, b

Il tira une lettre de sa poche et me la remit en tremblant^ et me suppliant de la déchirer et de la détruire quand j'en aurais pris lecture.

c Restez un moment, lui dis-je en l'ouvrant, je la détruirai entièrement sous vos yeux.

— Mais^ Monsieur, il faudrait que vous fissiez une réponse, et je ne veux pas l'attendre. Ne vous gênez pas, convenons seulement de quelques signes d'intelligence. Quand vous entendrez venir quelqu'un, si je suis seul, je chanterai toujours l'air : Sognai, mi géra un gatto. Alors vous n'aurez à craindre aucune surprise, et vous pourrez avoir dans votre poche tous les papiers que vous voudrez lirais si vous n'entendez pas cette chansonnette, vous comprendrez que ce n'est pas moi, ou que je suis accompagné. Alors ne vous hasardez pas à avoir quelques papiers cachés, parce que ce pourrait être une perquisition; si vous en possédez quel4ues-uns, déehirez-les avec soin, et jetez-en les morceaux par la fenêtre.

— Soyez tranquille, je vois que vous SLvez de la prudence; j'en aurai aussi, moi.

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^^ Et pourtant voas m'avez traité tout à l'heure d'insensé.

»*- Vous faites bien de me le reprocher^ lui dis-je en lui. serrant la main ; pardon, n

Il s'en alla , et je lus :

a Je suis (et il me donnait son nom) un de tos « admirateurs. Je sais par cœur votre Françoùé a de Rmini tout entière. J'ai été arrêté parce c que... (et ici il me faisait connaître la cause a de son arrestation), et je donnerais je ne sais « combien de livres de mon sang pour avoir le a bonheur d'être avec vous, ou pour avoir au « moins une prison contiguë à la vôtre, afin que c nous pussions nous entretenir ensemble. Depuis < que j'ai appris par Tremerello (c'était le nom « du Gonfideot) que vous avez été arrêté, Mon- « sieur, et pour quel motif, j'ai brûlé du désir de « vous dire que personne plus que moi ne com* « patit à votre peine , et que personne ne vous « aime plus que moi. Seriez-vous assez bon pour « agréer la proposition suivante ; que nous cher- « chions à dimiouer le poids de nos fers et de « notre solitude en nous écrivant? Je vous pro- « mets, surThonneur, que jamais homme qui vit « ne pourra connaître mou secret, si vous me faites « la même assurance. Afin que vous puissiez me c< connaître , je vais vous donner un précis de ma « vie. »

Suivait ce précis.

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