‹ Mos prisons: ou, Mèmoires de Silvio PellicoChapitre 69 sur 94 · CHAPITRE LXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXIX

Un soir que nous avions des sentinelles trèscomplaisantes, Oroboni et moi nous ne prenions pas la peine de comprimer notre voix. Maroncelli, dans son souterrain, gravit à sa fenêtre et distingua ma voix ; il ne put se retenir, et me salua en

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chantant. Il mo demanda 4es ooavelle^ de ma santé, et m'exprima dans les termes le$ plus ftfr foctueuî la peine qu'il éprouvait de ee que nous U'avloqgf pu encore obtenir d'baf)iter ensemble,

C^tte faveur, je ravai9 demandée ; mais ni 1» suriptendant du Spielbef g , ni le gouverneur de Brunn , n'avaient le pouvoir d# nous Faecordop. Notre ié^\v réisipraquo «vait été transmis h l'emperei)?, ^t UQm i^'aviona pas ^epr» feçu de réppns#.

Outre aette foip qup nous pAmes nous salues en chantant dans les souterrains, j'avais entendu de l'étage lupérifiur quelques-uns de ses ehants^ mai^ $au3 comprendre le sens des paroles; et 4 peine 669 iQn9 par¥eaaient-ils à mon oseille, que les oris des sentinelles imposaient silence.

P^ps eette eirc^ostance, il haussa un peu le ton de ça voii:; il ne futpps interrompu sitôt; je com* pris, n est impossible de trouver des termes pour décrire l'émotion que mon cœur éprouva.

Je lui répondis , et notre entretien se prolongea environ un qpar^ (l'heM^C: ÇptJA 1^^ sentinelles furent renouvelées sur le terre-plein, et celles-ci ne furent pas complaisantes. Nous nous disposions à pfpE^ndre potre 0hant ; mais des pris furieux s'élevèrent pour nous maudire, et il fallut nous

résigner m silonce.

Je fne s^pçésentais Ma?qpceUi enseveli depuis )ppgt^{pps dans une prison bien plus horrible que

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it miepne ; j^ oomprepuia toute la tristesse qui dewjt peter $nv son Ame, et epmbien su santé devait éprouver d'altération; piUs une profonde aQgoisse iO'aGMbl^if.

Je pus enfin verser des larmes; mais je n'en éprouvai ^ucun soulageinent. Je fii$ pris d'un violent n^al de tète e^ d'une fièvre dévorante; je ne pouvais plus n^e soutenir sur les pieds; je n^e jetai sur nia paillasse. Ikles convulsions augn^entèrent; j'éprouvai^ de violentes douleurs de poitrine avec d'horribles spasmes; je crus que cette nuit r 14 j'allais mourir.

Le len4emain, la fièvre avait disparu ^ lapoitr|pe ne m^ causait plus de si vi^es douleurs; inais |1 n^^ semblait que j'ayais un foyer ardent daps }^ cr^nei et je ne pouvais mouvoir la tète sans éprouver les douleurs les plus atroces.

Je ps conuaitr0 uiqn état ^ Qi:pboni , qui se trouvât plus paal qu'à l'ordinaire.

a Cher ami y dit-il, il n'est pas éloigné le jour §ù Ynn de noqs deux ne pourra plus venir ^ la fenêtre. Chaque fois qi;e nous nous saluons peut être )a derpière^ soyons doue toujours prêts à mourir ou à survivre ^ un ami. »

Sa voix ét^jt émue; je ne pouvais lui répondre. Nous restâmes un instant en silence; puis il reprit :

a Tu es heureux de savoir Tallemand : tu pour^ ras au moins te confesser. Moi, j'ai demandé un

prêtre qui entendit Titalien; on m'a répondu qu'on n'en connaissait pas. Mais Dieu voit mon désir^ et depuis que je me suis confessé à Venise^ en vérité» il me semble que je n'ai plas rien de lourd sur ma conscience.

— Moi aussi, je me suis confessé à Venise , lui dis-je; mais avec un esprit plein de rancuue^ et je fis plus mal que si j'eusse refusé les sacrements. Mais si maintenant on m'accorde un prêtre , je t'assure que je me confesserai dans toute la sincérité de mon cœur, pardonnant à tous mes en^ nerois.

— Que le Ciel te bénisse ! s'écria-t-il , tu me donnes une grande consolation. Faisons, oui, faisons tous nos eflTorts pour être réellement unis dans la félicité éternelle^ comme nous l'avons été dans ces jours d'infortune. »

Le lendemain, je l'attendis à la fenêtre, et il ne parut pas. Schiller m'apprit qu'il était dangereusement malade.

Huit à dix jours après , il éprouva quelque répit, et revint me saluer à la fenêtre. J'éprouvais de grandes souffrances, mais enfin je pouvais me soutenir. Quelques mois se passèrent dans des alternatives de mieux et de pire pour lui et pour moi.

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