‹ Mosaïque (volume 2)Chapitre 27 sur 102 · XXXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXII INTRODUCTION

beaux ornements de la cuisine : il dort roulé dans une couverture sur un bout de banc rugueux ou sur un matelais « épais comme une brochure à dix sous », dont les punaises partagent avec lui l'hospitalité. Ce dandy parisien a tous les courages, parce qu'il est aiguillé par toutes les curiosités. Il cause avec les toreros, les matadors, les alguazils, les tenancières d'auberge. Il veut connaître, au naturel, sans l'intermédiaire des chroniqueurs et des livres, l'homme du peuple de cette Espagne en qui il se plaît à admirer la survivance des rudesses ingénues et des primitives passions.

Ainsi, à Grenade — où il arrive le 8 octobre après un rude voyage de huit jours à dos d'âne ou « de cheval efflanqué » — - il lie connaissance dans un cabaret avec une jolie gitana « assez farouche aux chrétiens, mais qui pourtant s'apprivoisait à la vue d'un douro ». Dans la lettre spirituelle qu'il griffonne à Sophie Duvaucel^, il note ses impressions toutes fraîches. Il admire l'Alhambra... par prétention : « Aucun livre in-quarto, voire même in-folio, ne peut donner une idée de la tour des Lions et de la salle des Ambassadeurs. » Il admire plus explicitement la beauté des Andalouses, la petitesse légendaire et pourtant bien réellement merveilleuse de leurs pieds. Il admire les décors de la sierra qu'il vient de traverser et dont il trace en cinq lignes le plus vivant croquis... Mais il ne s'admire pas moins « de dîner avec un noble et aimable Grenadin au milieu des ruines vénérables... et de boire du bon vin de Xérès dans le palais de Boabdil. » Au reste, il connaît une désagréable aventure ; a le banquier pour lequel il avait une lettre de crédit

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