‹ Mosaïque (volume 2)Chapitre 32 sur 102 · INTRODUCTION XXXIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXIX

permis de pénétrer l'âme de l'Espagne et, pour la mieux connaître, de l'aimer. Lui dut-il davantage? Bien des médisants l'ont insinué ; leurs propos malins avaient couru Paris, dès 1835, lorsque la comtesse de Teba vint s'y installer avec ses deux filles ; Mérimée, dans une lettre à Stendhal, a pris soin de protester que la plus délicate amitié l'a seule uni, dès le début, à la comtesse de Teba. Pourquoi refuser de le croire? Eût-il poussé la discrétion jusqu'à cacher la vérité à Stendhal^?

On peut penser qu'il trouva d'ailleurs à Madrid d'autres occasions d'ébaucher quelques liaisons sentimentales ; il fit peut-être un doigt de cour à la marquise de Navarrez et à la marquise de Quintana, deux jeunes nièces, et radieuses, de M^^ de Teba : les noms de ses autres belles amies, on les connaîtra sans doute quand certaines archives privées de la Castille, ou de l'Andalousie, ne demeureront plus obstinément closes. Ce second séjour à Madrid, qui ne dura peut-être pas trois semaines, eut une influence capitale sur la carrière et l'esprit de Mérimée ; il le réconcilia avec l'Espagne aristocratique et intellectuelle...

De Madrid, il repartit (autant qu'on peut le conjecturer) vers le 10 novembre pour Valence, où il était le 15 novembre. Il y goûta tout le pittoresque d'une

1. Le 5 juillet 1836, il écrivait d'Aix-la-Chapelle à Stendhal, qui s'était fait l'écho des médisances parisiennes : « Je ne voyage pas avec ■■ une « admirable Espagnole ». — Je vous mènerai à mon retour chez une excellente femme de ce pays, qui vous plaira par son esprit et son naturel. C'est une admirable amie, mais il n'a jamais été question de chair entre nous. Elle est le type très complet et très beau de la femme d'Andalousie. C'est la comtesse de Montijo, autrefois comtesse de Teba, dont je vous ai souvent parlé. » On sait que, présenté par Mérimée à M™^ de Montijo, Stendhal devint, lui aussi, l'un des famihers de la comtesse.

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