‹ Mosaïque (volume 2)Chapitre 38 sur 102 · INTRODUCTION XLV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XLV

tée? Après son retour d'Espagne Mérimée revit-il celle dont les rigueurs l'avaient poussé au voyage^? Au début de 1833, le destin lui apporta la surprise d'une amitié amoureuse qui allait rayonner sur le reste de sa vie ; il vit pour la première fois l'admiratrice inconnue qui lui écrivait depuis quinze mois sous le nom de « Lady Algernon Seymour ». Sous ce masque, il découvrit Jenny Dacquin. Au printemps, il fit avec George Sand, toute pleine encore des illusions de Lélia, une brève expérience qu'on n'ose appeler vraiment sentimentale et qui, à tous les deux, fut âprement douloureuse.

Et les travaux littéraires cependant? Mérimée, d'abord, eut pour eux peu de goût et fort peu de loisir. En 1831 et 1832, il publia tout juste, dans la Revue de Paris et dans V Artiste, quatre des lettres prétendument rédigées en Espagne. La cinquième — ■ la lettre sur les « Sorcières » — à peine ébauchée sans doute, demeura dans son tiroir ; en 1832, il donna ses soins à une nouvelle édition de la Chronique du règne de Charles IX. Maigre bilan ! L'année 1833 allait réveiller son activité.

Elle était pour lui ce que les augures anciens appelaient « une année climatérique » ; le 28 septembre 1833, il aurait trente ans. Trois sorcières, à l'en croire, lui avaient prédit que sa trentième année lui serait très funeste 2, et, peut-être, la « dernière qu'il verrait^ ». S'il échappait à la prise du mauvais sort, un avenir heureux

1. C'est l'opinion de M. Parturier : il pense, d'après certains indices, que la rupture définitive avec M"^s Lacoste n'eut peut-être lieu qu'en 1833. Lettres aux Grasset, p. 19.

2. Lettre à Sutton Sharpe du 26 juillet 1833 {Mercure de France, septembre 1910).

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