‹ Mosaïque (volume 2)Chapitre 41 sur 102 · INTRODUCTION XLIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XLIX

à Madrid, et je revenais dîner à la campagne avec six femmes, dont la plus âgée avait trente-six ans. Par suite de la révolution, j'étais le seul homme qui pût aller et venir librement, en sorte que ces six infortunées n'avaient pas d'autre cortejo. Elles m'ont prodigieusement gâté. Je n'étais amoureux d'aucune et j'ai peut-être eu tort. Bien que je ne fusse pas dupe des avantages que me donnait la révolution, j'ai trouvé qu'il était très-doux d'être ainsi sultan, même ad honores ^. . . »

On peut regretter que de ce deuxième voyage au delà des Pyrénées, Mérimée n'ait pas rapporté une nouvelle « lettre » à quelque directeur de revue, qui se fût intitulée : « Une révolution en Espagne. » Au moins en a-t-il tiré, pour Mosaïque, des corrections et des additions intéressantes.

Après 1842, il n'imposa plus de changement à la composition de son livre ; faut-il croire que, peu à peu, il s'en était désintéressé?

Certes, dans l'esprit des contemporains de Mérimée, l'éclat de Colomba et de Carmen offusqua celui de Mosaïque ; deux nouvelles seulement de ce recueil, Mateo Falcone et V Enlèvement de la Redoute, conservèrent le prestige dont elles avaient joui dès leur publication. La réputation des autres, vers la fin du dernier siècle, s'était un peu effacée^. On est revenu aujourd'hui de cette injustice ou de cette indifférence. On sait que la plupart des

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