INTRODUCTION IX
d*exactitude qu'il appliquait à ses tableaux du XVI® siècle, il la reconstitua nettement, il la raconta froidement.
Une revue lui avait suggéré cette première nouvelle ; une revue la publia.
Au mois de mars 1829, le docteur Véron, médecin en rupture de médecine, homme d'affaires rubicond, journaliste avisé, dont la faconde étincelante paraissait toujours aux aguets derrière les plis et les replis d'une épaisse cravate blanche, — le docteur Véron fondait la Revue de Paris ; il avait dix associés, parmi lesquels Scribe, Sainte-Beuve, Amédée Pichot, Casimir Delavigne semblaient garantir, d'avance, le caractère littéraire de l'organe nouveau. Foin des articles trop sévères ! Dès sa première livraison, qui parut le 12 avril, la Revue de Paris déclarait qu'elle voulait avoir le caractère aimable d'un « magazine » à l'anglaise ; « le moment, d'ailleurs, affirmait-elle, est favorable ; les opinions en littérature semblent se passionner, la controverse s'étend et s'anime et tout semble nous faire espérer une époque littéraire après toutes nos crises politiques... ». La rubrique de la « littérature ancienne » était réservée pour la critique de toutes les œuvres antérieures au xix® siècle, et Sainte-Beuve l'inaugurait par une étude sur Boileau ; la rubrique de la « littérature moderne » s'ouvrait largement aux productions des nouveaux venus ; c'est là que, dans la première livraison du second volume, paraissait Mateo Falcone. mœurs de la Corse...
Le morceau fut tout de suite remarqué. D'après Gustave Planche, c'est lui qui rendit Mérimée « populaire ». Dès la fin du mois de mai, la Revue française — une rivale ! — rendant compte des « deux premiers tomes en