X INTRODUCTION
huit livraisons » de la Revue de Paris, ne craignait pas de le mettre à part : « ... La nouvelle intitulée Mateo Falcone^ par M. Mérimée, est à nos yeux le chef-d'œuvre du recueil : on y retrouve ce talent naturel, soudain, frappant, que la critique ne donne pas, que le travail no peut imiter. » Au reste, la revue nouvelle était accusée de frivolité : on doutait que « soit les écrivains, soit le public pussent longtemps se plaire à la légèreté circonspecte, à l'impartialité superficielle de la Ro'ue de Paris ». Pour les gens graves, ce « magazine à l'anglaise » manquait vraiment de crravité. C'était constater son succès. Véron se frotta les mains, cacha malicieusement son sourire aux plis candides de sa cravate et réclama quelque nouveau chefd'œuvre à Mérimée !
Mérimée lui donna le Carrosse du Saint- Sacrement, qui parut en juin, et, de la même veine, VOccasion, qui parut en novembre : deux « saynètes », comme il les intitule avec une souriante modestie ; deux études de passion qui s'encadrent en deux décors de l'Amérique espagnole : VOccasion à Cuba, le Carrosse dans la capitale du Pérou. Le Carrosse fit un scandale ; aux yeux des ultras, la Périchole apparut seulement comme une petite-cousine de Tartufe, et la duchesse de Berry pria Véron de ne plus lui envoyer désormais une revue si mal pensante!... Nous goûtons, au contraire, aujourd'hui, pleinement l'inquiétante complexité du personnage ; Mérimée, |)our écrire sa « saynète », s'est souvenu de Molière et de Beaumarchais ; la Périchole tient de Hosine et de Célimène ; on ne sait (|uelle ardeur perverse anime cependant son cœur diabolique ; en cette astucieuse Célimène la Carmencita, déjà, s'esquisse... Par ces deux comédies, Mérimée couronnait le Théâtre de Clara Gazul. Mais, avec