‹ Mosaïque (volume 2)Chapitre 72 sur 102 · I.a poirr nVst pas niùip, lionhoninir · texte numérisé non relu

I.a poirr nVst pas niùip, lionhoninir

BERTRAND

Klle serait pourrie, morhleu ! que vous n'oseriez pas la cueillir !

LE COMTE

Voilà noire société à peu près organisée ; quels seront ses premiers travaux?... (Grand «iicnce.)

LE BARON DK MACHICOULIS

Lo mieux serait de travailler sourdement les esprits pour les détacher de l'usurpateur. Si l'on pouvait trouver le moyen d imprimer clandestinement les courtes réflexions...

LE MARQUIS DE MALESPINE

On pourrait imprimer en même temps mon discours...

LE COMTE

Oui, et le mien, fjuand je l'aurai trouvé. Je ne puis croire qu'il soit peidu.

LE CHEVAI-ILR DK HIIMBRAY.

L'embarras serait de trouver un itupi iiucur lionnote homme.

LE MARQUIS DE MALESPINE

A la ri|^u«'ui\ (Ml pourrait faire ciicuI(M' des copies manuscrites.

LE COMTE DE FIERDONJON

Oui, mais on connaît nos écritures.

LE MARQUIS DE MALESPINE

Si madame voulait se donner la peine... Une écriture de femme, cela n'est pas suspect.

LE COMTE

Gardez-vous-en bien ! Tout le monde ici connaît l'écriture de ma femme.

LK CHEVALIER DE THIMBRAY

Un autre inconvénient, c'est que peu de gens dans ce pays savent lire. (Un silence.)

BERTRAND

Voulez-vous m'écouter un instant? Je vois que l'afîaire tourne mal, et que, parmi nous, il y en a peu qui soient disposés à risquer leur cou pour la bonne cause. Une idée me vient. Quand je dis qu'elle me vient, je veux dire qu'elle me revient; car j'y ai pensé bien souvent. Moi, je suis un pauvre paysan. Je me fais vieux, je ne suis plus bon à grand'chose. . . Pourtant...

LE COMTE DE FIERDONJON

Pourtant vous savez encore fort bien tuer des perdrix partout où vous en trouvez.

BERTRAND

Je ne dis pas non. Je tire encore assez bien. — Or donc, je me disais : « Faut faire quelque chose pour la bonne cause. Ce qui empêche notre roi de revenir, c'est cet autre qui a pris sa place. Cet autre-là

pourtant, ce n'est pas le diable. Sa peau n'est pas si dure (ju une planche de chêne, et j'en ai vu, des lurons, qui traversaient d'un coup de couteau une planche de chêne épaisse de deux pouces »

Li: COMTK.

Où voulez-vous en venir?

BKRTKAND.

Voici. Je me disais donc : « Je suis vieux, oui, mais je nourris quoique cela* ma femme et mon gars. Si je meurs, les voilà qui sont à demander leur pain. Si ces messieurs veulent me signer un écrit, comme quoi ils leur feront une pension de douze cents livres après ma mort, voilà ce (jue je leur promets de faire. Je pars pour Paris; je tâche de voir l'empereur; si je puis l'approcher à longueur de bras, j'en réponds, il est mort... Si je le manque, eh bien! un autre pourra faire ce que j'aurais voulu faire. On me fusille, bien; mais je me dirai : « Au moins la bonne femme et mon gars auront du pain. »

LE COMTE DE FIER DONJON

Morbleu! il y aurait là de quoi nous faire fusiller tous !

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