‹ Mosaïque (volume 2)Chapitre 83 sur 102 · LETTRES ADRESSEES D ESPAGNE · texte numérisé non relu

LETTRES ADRESSEES D ESPAGNE

l'Alhambra et le Généralife, — vous aurez uni à peu près complète de tous les fantômes dont fraye ou dont on amuse les enfants.

Heureusement, l'on croit encore aux sorci surtout aux sorcières.

A une lieue de Murviedro, il y a un petit c; isolé. Je mourais de soif, et je m'arrêtai à la Une très jolie fille*, point trop basanée, m'aj un grand pot de cette terre poreuse qui raf] l'eau. Vicente, qui ne passait jamais devant un ret sans avoir soif et me donner quelque bonr son pour entrer, ne paraissait pas avoir envie d rêter* dans cet endroit-là. Il se faisait tard, dis nous avions beaucoup de chemin à faire; à un de lieue de là, il y avait une bien meilleure ai où nous trouverions le plus fameux vin du roy celui de Peniscola excepté. Je fus inflexible. J l'eau qu'on me présentait, je mangeai du gazp préparé par les mains de mademoiselle Carme et même je fis son portrait sur mon livre de cro Cependant, Vicente frottait son cheval devj porte, sifflait d'un air d'impatience, et sei éprouver de la répugnance à entrer dans la m

Nous nous remîmes en route. Je parlais so

.^22 IMU)SPEU MÉHIMKE

— Cela n'est pas extraordinaire, c'est peut-être le diable ({iii l'a fait.

— Ia" diahlt';' Dites-vous cela parce (|u elle n'épargne pas le pinienl, (mi l»ien celle brave femme aurait-elle le diable pour i'uisiuier.'

— Qui sait ?

— Ainsi... elle est sorcière?

Vicente tourna la tcte d'un air d'inquiétude pour voir s'il n'était pas observé: il hâta le pas du cheval d un coup de houssine, et tout en courant à côté de moi, il haussait légèrement la tète, ouvrant la bouche et levant les yeux en l'air, signe d'afïîrmation ordinaire à des gens qu'on serait tenté de croire silencieux, à la dilliculté (jue l'on éprouve pour en tirer une r(*ponse à une (jucslion précise. Ma curiosité était excitée, cl je voyais avec un vif plaisir que mon guide n'était pas, comme je l'avais craint, un esprit fort.

— Ainsi elle est sorcière.' dis-je en reincllaiil mon cheval au pas. Et la fille, (ju'est-elle?

— Votre seigneurie connaît le proverbe : Piimero //...; litPi^tt alcdhuetd j fiiics hruja^. L;i fille coinniencc, la mère est déjà arrivée au poi l.

— Comment savez-vous (|u'elle est sorcière ? «pi at-elle fait «jui vous l'ait prouvé?

— O (|u'elles foiil toutes. Elle donne le mal d'yeux*^, (|ui fait dessécher les enfants; clic bri'ilc les

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