FRANÇOIS, LE COMTE DE FLERDOMON, LE MARQUIS DE MALESPINE
FRANÇOIS, annonçant.
M. le comte de Fierdonjon, M. le marquis de Malespine.
;I1 sort.)
EDOUARD, bas, à la comtesse.
Où diable avez-vous pèche tous ces originaux-là ? C'est une mystification. Il n'y en a pas un seul qui ait une tournure de conspirateur. On dirait des figures de paravent. — Laissez-moi les faire aller.
LA COMTESSE, bas, à Edouard.
Edouard, vous me désespérez. (Haut.) Monsieur de Fierdonjon, votre servante. (Bas, à Edouard.) Si vous continuez ainsi... (Haut.) Comment vous portez-vous, monsieur de Malespine ? Charmée de vous voir. (Bas, à Edouard.) Nous nous brouillerons. — Ce sont mes amis. Promettez-moi de ne pas faire de folies. — N'estce pas, vous n'en ferez pas... si vous m'aimez?... iHaut.) Messieurs, je vous présente mon cousin.
EDOUARD, bas.
Je serai sage, cousine, puisque vous me défendez les farces.
LE COMTE
Il ne nous manque plus que Bertrand.
176 MOSAÏQIE.
LE CHEVVLIEIt 1)E TiminitAY.
C'est fort extraordinaire qu'il ne soit pas encore ici. Ce drôle-là nous faire attendre !
LE MARQLIS DE MALESPINE.
Pourvu qu'il ne nous manque pas de parole.
LE COMTE DE FIERD0>.I0>
Des Tournelles, savez-vous que vous avez fait preuve d'un peu de légèreté en nous donnant pour associé cet homme-là? Qui sait si l'on peut compter sur lui ? C'est un paysan, voilà tout.
II a été major dans l'armée royale.
LE COMTE DE FIElîDONJON.
Dans l'armée de la Vendée, faute de gentilshommes pour faire des officiers, on était obligé de prendre des manants. Cet homme-là ne me revient nullement; il chasse sur mes terres sans me demander une permission, et je ne puis obtenir de mes gardes de lui déclarer procès-verbal.
LE COMTE
Vieille habitude de sa part. M. de Kermorgant, dont vous avez acheté les terres à votre retour de l'émigration, lui permettait de chasser chez lui.
LE CHEVALIER DE THIMBRAY
C'est une bonne affaire que vous avez faite là, monsieur de Fierdonjon. Ah ! si j'avais eu des espèces
LES MECONTENTS
dans ce temps-là j'aurais acheté aussi des propriétés nationales. Elles étaient pour rien... Ce n'est pas que j'approuve au moins ces infâmes spoliations... Mais le mal est lait, tâchons que nos ennemis n'en profitent pas.
LA COMTESSE
Bertrand a de l'influence parmi les paysans. Si l'on avait besoin d'un coup de main, ce serait un homme précieux. D'ailleurs, il a des certificats très honorables de ses anciens chefs.
LE BARON DE MACHICOULIS
On dit que les gendarmes le craignent, et qu'ils n'osent lui demander son port d'armes.
LE COMTE DE FIERDONJON
AJlons, messieurs, il n'est pas décent que nous attendions cet homme... Commençons.
LA COMTESSE
Tenez, le voici.